Művészetek Palotája, Budapest • 17.6.12 à 16h
Wagner (1876)
Orchestre symphonique de la Radio hongroise, Ádám Fischer. Mise en scène : Hartmut Schörghofer. Avec Iréne Theorin (Brünnhilde), Christian Franz (Siegfried), Matti Salminen (Hagen), Oskar Hillebrandt (Gunther), Erika Markovics (Gutrune), Harmut Welker (Alberich), Judit Németh (Waltraute), Erika Gál, Judit Németh, Tünde Szabóki (les Nornes), Eszter Wierdl, Lúcia Megyesi Schwartz, Viktória Mester (les Filles du Rhin).
Final en beauté malgré une fatigue intermittente perceptible à certains des pupitres de l’orchestre, en partie responsable d’un premier acte un peu inégal.
Le deuxième acte, en revanche, est sans doute l’un des plus réussis que j’aie vus. Les occasions de trébucher sont pourtant nombreuses : le rythme est plus soutenu, les interventions du chœur peuvent être source de relâchement, Hagen doit faire face à son plus redoutable solo, … Ádám Fischer tient son monde avec une fabuleuse maestria et il conduit l’acte à un climax bouleversant. On remarque au passage la qualité superlative du chœur, qui chante comme dans un souffle unique, avec une sidérante homogénéité stylistique.
Mais c’est aussi l’incroyable énergie d’Iréne Theorin et de Christian Franz qui contribue à porter la représentation de sommet en sommet. Ils se soutiennent mutuellement autant qu’ils se défient en mettant la barre vraiment très haut. Franz, du coup, ne tombe pas dans ses travers habituels : il joue avec intensité et chante avec application jusqu’à la dernière note de Siegfried. La voix est fatiguée, forcément, mais au moins il continue à chanter.
Theorin émerge comme grande Brünnhilde. Il lui reste à domestiquer complètement ses aigus, parfois un peu bruts… mais, pour le reste, elle porte une formidable palette d’émotions et elle est encore capable, dans sa dernière scène, alors qu’elle est sans doute proche de l’hyperventilation, de sortir des pianissimi parfaitement maîtrisés, d’une beauté à tomber. Elle porte la représentation à une apothéose sublime, tandis que Fischer lui donne un coup de main en mettant lui aussi le feu… dans la fosse.
Le reste de la distribution est dominé par un Matti Salminen impérial en Hagen. Il n’a plus tout à fait 100 % des moyens du rôle, mais il reste enthousiasmant de maîtrise et d’autorité.
Le metteur en scène réussit une image géniale à la fin de l’acte 2 : alors que retentit la musique de préparation des mariages, on voit Siegfried derrière l’écran transparent chercher sans succès “sa” promise dans la foule des choristes alors que Gutrune regarde, interloquée. On apprécie aussi la jolie touche consistant à étendre à l’écran des surtitres l’incendie qui ravage Walhalla avant que le monde ne renaisse de ses cendres.
Plusieurs secondes de silence entre la dernière note et les applaudissements : j’aime le public hongrois !

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