Művészetek Palotája, Budapest • 13.6.12 à 16h
Wagner (1870)
Orchestre symphonique de la Radio hongroise, Ádám Fischer. Mise en scène : Hartmut Schörghofer. Avec Christian Franz (Siegmund), Michaela Kaune (Sieglinde), Juha Uusitalo (Wotan), Iréne Theorin (Brünnhilde), Walter Fink (Hunding), Judit Németh (Fricka), Tünde Szabóki (Gerhilde), Gertrúd Wittinger (Helmwige), Dóra Érsek (Waltraute), Annamária Kovács (Schwertleite), Beatrix Fodor (Ortlinde), Éva Várhelyi (Siegrune), Kornélia Bakos (Grimgerde), Viktória Mester (Rossweisse).
J’avais trouvé Das Rheingold assez enthousiasmant sans être parfait. Cette Walküre se rapproche nettement de la perfection et atteint, du coup, de réels sommets.
Christian Franz, dont j’avais peu apprécié le Loge la veille, nous sort le grand jeu pour nous proposer un Siegmund stylistiquement magnifique. Il retombe dans ses travers à l’acte 2 et ne se fatigue plus à poser ses aigus, mais sa prestation reste globalement de très bonne tenue. La Sieglinde de Michaela Kaune lui donne magnifiquement la réplique et elle réussit sa sortie comme rarement, malgré une prononciation bizarre (elle est pourtant allemande). Hunding irrésistible de Walter Fink, dont les graves sonores sont un régal.
Judit Németh convainc beaucoup plus que dans Rheingold, et sa Fricka reste joliment digne dans sa blessure. Je n’avais jamais entendu Iréne Theorin en Brünnhilde, et je dois avouer avoir été très impressionné par sa facilité et son endurance apparentes — il me tarde de l’entendre dans Siegfried et, surtout, dans Götterdämmerung. Les Valkyries forment un ensemble très homogène malgré une voix un peu trop présente dans le lot. Il est très rare que les Valkyries restent aussi bien disciplinées jusqu’au bout de leur prestation.
Le Wotan de Juha Uusitalo continue à impressionner par la noblesse du chant, mais il me rend un peu nerveux tant les traits de bravoure semblent lui demander d’efforts. D’une certaine façon, cela sert la psychologie du personnage de Wotan… et Uusitalo a réussi à éviter tout dérapage, mais les jours de son Wotan semblent comptés.
La mise en espace et les illustrations proposées derrière les chanteurs alternent des traits plutôt inspirés (les loups, les chiens, les chevaux) et des tentatives moins convaincantes dans un style chorégraphique assez abscons, à la limite de la prétention. Certains passages, comme la fin de l’acte 2, ne sont pas compréhensibles visuellement pour quelqu’un qui ne connaîtrait pas l’histoire. L’avatar de Loge tout de rouge vêtu que l’on avait découvert dans Rheingold fait de nombreuses apparitions, notamment à la fin des deux premiers actes, où on ne l’attend pourtant pas.
Du côté de la fosse, on verse fréquemment dans le sublime, avec un orchestre parfaitement étonnant… même si l’on conserve une toute petite réserve concernant les cors. Fischer continue à insuffler une énergie considérable à la musique, au prix d’ailleurs d’un sacré investissement physique. Le prélude ainsi que les dernières mesures des actes 1 et 2, qui me mettent toujours dans tous mes états, sont absolument incandescents. Les cordes sont toujours aussi fascinantes. L’harmonie des bois rend le “War es so schmählich…” de Brünnhilde bouleversant. Les trombones sont proprement coruscants.
Deux entractes d’une heure, c’est inhabituel, mais finalement pas désagréable. Comme à Bayreuth, une fanfare tirée de l’acte à venir invite les spectateurs à regagner la salle… (mais les choix sont différents de ceux de Bayreuth).

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