Volksoper, Vienne • 3.6.12 à 16h30
A Funny Thing Happened on the Way to the Forum. Musique et lyrics : Stephen Sondheim (1962). Livret : Burt Shevelove & Larry Gelbart. Adaptation en allemand : Martin Flossmann / Werner Sobotka.
Mise en scène : Werner Sobotka. Direction musicale : Lorenz C. Aichner. Avec Sigrid Hauser (Pseudolus), Herbert Steinböck (Senex), Dagmar Hellberg (Domina), Paul Schweinester (Hero), Bettina Mönch (Philia), Boris Pfeifer (Hysterium), Wolfgang Gratschmaier (Lycus), Florian Spiess (Miles Gloriosus), Gernot Kranner (Erronius), …
Le Volksoper de Vienne présente régulièrement des comédies musicales américaines : The Sound of Music, La Cage aux Folles, My Fair Lady, Guys and Dolls, Hello, Dolly!, … La qualité des productions est variable, mais elles ont un point commun : la taille de l’orchestre. Il y a près de 40 musiciens dans la fosse pour cette production de A Funny Thing Happened on the Way to the Forum, la première comédie musicale produite à Broadway dont Stephen Sondheim ait écrit à la fois la musique et les lyrics. Les magnifiques orchestrations d’Irwin Kostal sont, du coup, à la fête, même si les musiciens de formation classique se débattent un peu pour s’installer dans un style suffisamment décontracté.
La représentation enchaîne les moments de bonheur. Car non seulement la musique est superbement interprétée, mais la mise en scène est également irrésistible et rythmée, parfaitement adaptée à cette farce musicale inspirée notamment de Plaute. Contrairement à ce que je craignais, jamais la sensibilité germanique ne fait basculer le style du côté du mauvais goût. Les enchaînements sont d’une précision étonnante s’agissant d’une maison de répertoire dans laquelle les représentations ne se suivent pas et où les distributions sont susceptibles de changer d’une représentation à l’autre. La scène finale, où tout s’emballe tandis que les personnages se poursuivent dans une série de tableaux de pur vaudeville, est remarquablement réglée.
Le rôle principal de Pseudolus, normalement écrit pour un homme, est interprété avec un bon instinct comique par Sigrid Hauser, que j’avais déjà vue dans Guys and Dolls (où je l’avais trouvée excellente) et dans Hello, Dolly! (où elle n’était pas à sa place). L’idée de faire jouer Pseudolus par une femme n’est pas nouvelle : lors de la dernière reprise à Broadway, Nathan Lane avait laissé sa place à Whoopi Goldberg en cours de route.
Le reste de la troupe nous régale autant qu’elle semble se régaler elle-même. Les voix sont généralement superbes. On remarque notamment la Domina irrésistible de Dagmar Hellberg, qui réussit particulièrement sa redoutable chanson “That Dirty Old Man”, et le Miles Gloriosus délicieusement pompeux de Florian Spiess.
L’ouverture est jouée alors que la fosse d’orchestre est au niveau de la scène. Elle s’enfonce doucement pendant les derniers accords. C’est pour moi une image parfaitement irrésistible.

Oh, le petit astérisme tout mignon dans le titre !
Rédigé par : klari | 10 juin 2012 à 13:30