Művészetek Palotája, Budapest • 12.6.12 à 18h
Wagner (1869)
Orchestre symphonique de la Radio hongroise, Ádám Fischer. Mise en scène : Hartmut Schörghofer. Avec Juha Uusitalo (Wotan), Christian Franz (Loge), Harmut Welker (Alberich), Annamária Kovács (Erda), Gábor Bretz (Fasolt), Walter Fink (Fafner), Judit Németh (Fricka), Tünde Szabóki (Freia), Oskar Hillebrandt (Donner), Ladislav Elgr (Froh), Gerhard Siegel (Mime), Eszter Wierdl (Woglinde), Lúcia Megyesi Schwartz (Wellgunde), Viktória Mester (Floßhilde).
Début en fanfare pour ce Ring budapestois, particulièrement séduisant sur le plan musical. L’énergie étonnante qui émane de la fosse est une source permanente d’ébahissement. Ce n’est pas que ce soit parfait, mais ça traduit un tel enthousiasme, un tel engagement que l’on ne peut qu’être séduit. Les cordes se distinguent par leur énergie collective ; les bois, par la beauté des timbres et par leur harmonie d’ensemble. Les cors sont malheureusement un poil en-dessous, ce qui se remarque beaucoup plus dans le Ring que dans n’importe quelle autre partition. La direction d’Ádám Fischer confirme tout le bien que m’avait inspiré sa magnifique Rusalka de Bruxelles. Il explore sans complexe la totalité du spectre dynamique, ce qui produit des pianissimi sublimes et des fortissimi d’anthologie. L’acoustique de la salle s’y prête parfaitement et les chanteurs parviennent quand même à se faire entendre sans trop de difficultés (le réglage sonore de la salle est, sauf erreur, signé par le même acousticien que celui qui a conçu le sublime Symphony Hall de Birmingham).
La distribution vocale n’est pas tout à fait au même niveau, mais l’énergie impulsée par Fischer se transmet par capillarité et entraîne tout le monde très haut. On remarque notamment le Fasolt sublime de Gábor Bretz et la Freia claire et sonore et Tünde Szabóki (elle n’a évidemment pas grand’ chose à faire… mais elle le fait fort bien). À l’opposé, l’Alberich de Hartmut Welker accumule les dérapages dans l’aigu et le Loge de mon vieil ami Christian Franz — avec qui j’ai une relation en dents de scie — ne chante pas ses aigus, il les crie. Entre les deux, le Wotan de Juha Uusitalo est d’une exquise noblesse chancelante, mais on sent la voix bien fragile. Très jolie prestation des Filles du Rhin.
La représentation bénéficie d’une sorte de “demi” mise en scène : les chanteurs sont en “white tie” (sauf Christian Franz, en col ouvert et Nike), mais ils effectuent quelques mouvements. Derrière eux se trouve un écran composé de douze panneaux de “Smart Glass”, ce verre capable de passer instantanément de l’état opaque à l’état transparent et inversement. Lorsqu’il est opaque, il peut recevoir des projections venant de l’arrière. Lorsqu’il est transparent, il permet de révéler les mouvements de figurants et/ou de danseurs qui complètent ou illustrent l’action en cours. Loge est d’ailleurs flanqué d’un “alter ego” parmi les figurants, un vieux bonhomme aux cheveux blancs habillé d’un frac rouge qui effectue quelques mouvements généralement assez bizarres. Les projections permettent notamment de gérer la transformation d’Alberich en dragon (pas terrible) et en crapaud (très bien).
Tout n’est pas très inspiré… et certaines images commencent à être un peu usées… mais c’est quand même plutôt bien vu dans l’ensemble.
Une très belle représentation, donc, qui donne vraiment envie de voir la suite.

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