Théâtre des Champs-Élysées, Paris • 25.6.2012 à 20h
Phiharmonia Orchestra, Esa-Pekka Salonen
Bartók :
– Le Prince de bois, suite d’orchestre
– concerto pour piano n° 3 (Nikolaï Lugansky, piano)
– concerto pour orchestre
Ce dernier concert du cycle Bartók de Salonen, dont on avait beaucoup apprécié l’épisode de janvier dernier, continue à impressionner.
On se demande si l’orchestre ne s’est pas trompé de partition lorsqu’il attaque la suite du Prince de bois, tant les premiers instants font penser au prologue de Rheingold.
Le concerto pour piano est le point bas du concert car Lugansky, comme il l’avait fait il y a quelques mois dans le 3ème concerto de Rachmaninoff, semble se tromper d’univers stylistique. Sauf dans la montée finale, sublime et quasiment orgasmique, il se réfugie dans un legato omniprésent et fait tout pour faire oublier que le piano est un instrument de percussion. Le deuxième mouvement s’en trouve assez joliment sublimé, mais le reste du concerto en souffre. (En rentrant chez moi, je me suis précipité sur le très bel enregistrement gravé par le même Philharmonia sous la baguette de Boulez, avec un excellent Daniel Barenboim au piano.)
Final en beauté avec un Concerto pour orchestre plein de fantaisie, même si l’orchestre perd un peu de son homogénéité dans le dernier mouvement sous l’effet du tempo infernal imposé par Salonen. C’est un plaisir de voir autant de pupitres prendre la vedette à tour de rôle… et on remarque particulièrement le plaisir des altos lorsque vient leur moment de gloire. On observe avec amusement la discordance visuelle relative lorsque les violons font leurs sforzandos en tirant alors que les altos les font en poussant…

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