Barbican Hall, Londres • 10.6.12 à 19h30
London Symphony Orchestra, Bernard Haitink
Purcell : Chaconne en sol mineur
Mozart : concerto pour piano n° 20 (Maria-João Pires, piano)
Schubert : symphonie n° 9
Entendre jouer Purcell par le LSO est un bonheur : les cordes sont soyeuses, chantantes, festives… et justes. Ça donne envie de réécouter de la musique baroque. (Mais à condition que ce soit aussi beau : la plupart des versions que je trouve sur YouTube ou Spotify me font grincer des dents.)
Le vingtième concerto pour piano de Mozart est peut-être le plus envoûtant de tous. En tout cas, sous les doigts de Maria-João Pires, il est juste sublime, même si elle doit se battre un peu pour se détacher de l’orchestre. Le phrasé est miraculeux, la musicalité est enivrante. Quel sens aigu du récit ! Après quelques accrocs minimes dans le premier mouvement, le reste du concerto se déroule dans une perfection technique absolue, qui ne fait qu’amplifier l’inspiration de l’interprétation. Je suis gagné par les frissons dans le deuxième mouvement. Dans le troisième, la façon dont le piano et l’orchestre se répondent dans le même souffle est sidérante.
La symphonie me fait nettement moins vibrer… mais elle bénéficie de l’approche “terre à terre” de Haitink, qui n’en rajoute pas au rayon effets et fanfreluches. Tout repose sur la qualité du son : à ce rayon-là, le LSO a du répondant.
Haitink dispose désormais d’un podium personnalisé muni non seulement d’un garde-corps, mais également d’une sorte de béquille conçue pour faciliter la montée et la descente.

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