Guildhall School, Londres • 30.6.12 à 19h30
Musique : Roger Anderson. Lyrics : Lee Goldsmith. Livret : Ernest Kinoy.
Mie en scène : Martin Connor. Chorégraphie : Bill Deamer. Direction musicale : Steven Edis. Avec Simon Blackhall (Charlie / Charles Senior), Danielle Harrison (Hannah), Kevin Phelan (Young Sydney), Helen Ramsorrun (Louise), Sion Alun Davies (Mack Sennett), Tim Bowie (Sydney), Beatrice Walker (Hetty Kelly), Katherine Rose Morley (Mabel Normand), Rose Reynolds (Lily), Jherad Alleyne (Harlequin), Gala Gordon (Columbine), Olivier Gagnon (Pierrot), Nick Kendrick.
Il existe au moins quatre comédies musicales au sujet de Charlie Chaplin :
- La dernière en date, composée par un dénommé Christopher Curtis, a été créée en Californie à l’automne 2010 sous le titre Limelight et est annoncée à Broadway en août prochain, où elle s’appellera Chaplin.
- Au début des années 1990, le compositeur David Pomeranz (dont j’ai vu récemment A Tale of Two Cities) a essayé de faire produire à Londres une comédie musicale intitulée Little Tramp. La tentative a échoué, mais le spectacle est devenu vaguement mythique grâce à un CD enregistré par une brochette de chanteurs célèbres comme Petula Clark ou Lea Salonga.
- Au début des années 1980, deux comédies musicales intitulées Chaplin visaient des productions à Broadway à peu près au même moment et semblent s’être mutuellement neutralisées. L’une était écrite par le célèbre Anthony Newley (The Roar of the Greasepaint – The Smell of the Crowd) et a disparu des radars après une série de représentations à Los Angeles en 1983. L’autre, que les étudiants de la Guildhall School créent aujourd’hui à Londres en guise de spectacle de fin d’année, possédait un léger avantage chronologique mais a dû abandonner ses espoirs de conquérir Broadway lorsque l’un des producteurs s’est retiré du tour de table peu avant le début des répétitions en 1981. Le spectacle a ensuite connu une deuxième vie dans des théâtres régionaux américains.
Le problème essentiel du livret est son manque de suite dans les idées. Le premier acte respecte le concept du récit des années d’enfance à travers les yeux de Chaplin, avec une majorité de scènes conçues comme des saynètes de “music hall”, l’équivalent anglais du vaudeville américain… le tout traversé un peu curieusement par des personnages de commedia dell’arte. Mais on se retrouve après l’entracte dans un format beaucoup plus traditionnel, dans lequel la voix de Chaplin comme narrateur a disparu, et qui conduit à une scène finale magnifique mais qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe.
L’œuvre ne manque cependant pas d’intérêt… et la partition de Roger Anderson, bien qu’inégale, possède de réels charmes. Les étudiants de la Guildhall School, comme toujours, font preuve d’un enthousiasme communicatif au service de la pièce, que ce soit dans la fosse, où la performance orchestrale est un régal, que sur scène.
Le rôle-titre est porté avec beaucoup de talent par le jeune Simon Blackhall. Sa voix est un peu juste pour porter les exigences de la partition, mais c’est un comédien de tout premier ordre, doté d’une belle présence, particulièrement touchant dans les scènes d’humour physique. Beaucoup de belles prestations également parmi les seconds rôles.
Solide production signée du metteur en scène Martin Connor et du chorégraphe Bill Deamer (Top Hat), qui fait preuve d’un belle inventivité, notamment dans le numéro “Drunk”, où la troupe titube collectivement dans un irrésistible mouvement d’ensemble.

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