English National Opera, Londres • 23.6.12 à 19h30
Britten (1951). Livret : E. M. Forster & Eric Crozier, d’après Herman Melville.
Direction musicale : Edward Gardner. Mise en scène : David Alden. Avec Benedict Nelson (Billy Budd), Kim Begley (Captain Vere), Matthew Rose (Claggart), Jonathan Summers (Mr. Redburn), Darren Jeffery (Mr. Flint), Henry Waddington (Lieutenant Ratcliffe), Michael Colvin (Red Whiskers), …
Le charme de Billy Budd tient sans doute autant au caractère mystérieux de l’intrigue — quels sont les ressorts sous-jacents de cette troublante histoire ? — qu’à la partition envoûtante de Britten. L’interprétation proposée par l’ENO est magnifique, sous la direction musicale d’un Edward Gardner aux choix décidément très sûrs. Dans la scène de l’attaque, au début du deuxième acte, il conduit l’orchestre, les chanteurs et le chœur à un irrésistible et somptueux paroxysme dramatique — la présence de tambours dans les loges rajoute la petite touche idéale pour créer l’atmosphère idoine.
Malheureusement, la triste mise en scène de David Alden est largement indéchiffrable et fréquemment incompatible avec le livret. Transposée à l’époque contemporaine, elle est plombée par une forme de sérieux exagéré… et parvient même à faire rire à ses dépens lors de la scène pourtant touchante où Budd tue accidentellement Claggart.

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