Het Muziektheater, Amsterdam • 28.5.12 à 13h30
Verdi (1867 pour la version originale en français). Livret : Joseph Méry & Camille du Locle. Version italienne : Achille de Lauzières & Angelo Zandarini.
Orchestre Philharmonique de Rotterdam, Yannick Nézet-Séguin. Mise en scène : Willy Decker. Avec Massimo Giordano (Don Carlo), Maria Pia Piscitelli (Élisabeth de Valois / voix), Camilla Nylund (Élisabeth de Valois / mouvements), Mikhail Petrenko (Philippe II), Ekaterina Gubanova (la Princesse Eboli), Christopher Maltman (Rodrigue), John Tomlinson (le Grand Inquisiteur), Andrea Mastroni (un Moine / Charles Quint)…
Quel régal ! Yannick Nézet-Séguin entraîne le magnifique Orchestre Philharmonique de Rotterdam dans un tourbillon de sonorités délicieuses. Cette partition est une merveille et chaque nouvelle audition semble en révéler de nouvelles splendeurs.
Très belle distribution, à l’exception peut-être de John Tomlinson qui, à 65 ans, devrait être plus réaliste quant à l’évolution de sa voix.
Le rôle d’Élisabeth est chanté depuis le bord de la scène par une remplaçante de dernière minute, Maria Pia Piscitelli, tandis que Camilla Nylund, souffrante, se contente d’effectuer les mouvements sur scène. Peut-être est-ce parce qu’elle est très près de moi (je pourrais presque la toucher en tendant le bras), mais j’adore ses longues phrases parfaitement teintées de ce qu’il faut de pathos et de noblesse. Elle maîtrise étonnamment bien son souffle… et elle tient d’ailleurs son si final pendant plus de cinq mesures, ce qui est remarquable.
Belle mise en scène de Willy Decker, qui place l’intégralité de l’action (ou presque) dans l’enceinte du panthéon des rois d’Espagne à l’Escorial : les noms des souverains défunts, inscrits en lettres d’or sur les pierres tombales, forment comme une présence obsessive. Il reste des places libres dans la dernière rangée… et l’une d’elle porte soudain le nom de Philippe II pendant qu’il chante “Ella giammai m’amo” (magnifique prestation de Mikhail Petrenko).
C’est une des versions en quatre actes qui est présentée, avec un seul entracte. C’est mon format préféré : l’acte de Fontainebleau, même s’il permet de mieux justifier l’attraction entre Don Carlo et Élisabeth, me semble de moins en moins indispensable. Ce n’est pas le plus réussi sur le plan musical et, en rappelant qu’Élisabeth était promise à Carlo avant que son père ne se l’accapare, il donne une tonalité différente à leur idylle secrète.

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