Barbican Theatre, Londres • 13.5.12 à 16h
Musique et lyrics : Philip Glass. Mise en scène : Robert Wilson. Chorégraphie : Lucinda Childs. Direction musicale : Michael Riesman. Avec Helga Davis, Kate Moran, Antoine Silverman, The Lucinda Childs Dance Company, The Philip Glass Ensemble.
Œuvre monumentale, mythique et inclassable créée à l’origine en 1976, Einstein on the Beach est le fruit d’une collaboration entre le compositeur Philip Glass et le metteur en scène Bob Wilson… un duo sur lequel s’est greffé par la suite la chorégraphe Lucinda Childs.
Je ne suis pas sûr que le mot “opéra” soit le plus approprié pour décrire ce spectacle quelque peu conceptuel et abstrait de 5h qui combine musique, danse et texte parlé dans des visuels typiquement wilsoniens. L’évocation d’Einstein ne s’appuie sur aucun procédé narratif conventionnel ; les tableaux successifs sont plus des allusions construites sur la base d’associations d’idées.
Einstein on the Beach n’est pas souvent remonté compte tenu des moyens à mobiliser. La production actuellement présentée en tournée mondiale (qui a été créée en mars à Montpellier) est donc un réel événement.
Malgré quelques longueurs, l’expérience est d’une intensité rare. La musique de Philip Glass est somptueusement hypnotique, mais ce sont les chorégraphies de Lucinda Childs qui offrent les instants les plus époustouflants. Dans les tableaux dansés, les danseurs sont souvent répartis en deux groupes qui interprètent des pas différents ; mais la répartition des danseurs entre les groupes se modifie sans arrêt, ce qui conduit à une combinaison fascinante d’ordre et d’instabilité, de régularité et d’imprévu.
J’ai dû malheureusement m’éclipser avant la fin car je ne souhaitais pas passer la nuit à Londres. J’ai, du coup, manqué le légendaire tableau “Spaceship” qui clôt le spectacle. J’essaierai sans doute de revoir Einstein on the Beach lors de son étape amstellodamoise début 2013.
Le spectacle étant donné sans entracte, le public est invité à entrer et sortir librement pendant la représentation. La configuration du Barbican Theatre, où l’on ne peut pas ramener ses pieds sous son siège, a dû être responsable de beaucoup d’orteils traumatisés. Je crains d’avoir contribué au massacre lors de ma sortie.

Oooh c'est drôle qu'on ait posté en même temps !!! :))
Je vais aussi retourner pour la session à Amsterdam, il faut qu'on se rencarde. ;))
Rédigé par : Matoo | 18 mai 2012 à 00:32
> C’est rigolo, en effet. Tu dis dans ton billet que tu as piqué du nez… Ce qui est bizarre, c’est que moi qui m’assoupis assez facilement ces derniers temps, j’ai été tellement électrisé par le spectacle que je n’ai pas eu une seule faiblesse pendant les presque quatre heures auxquelles j’ai assisté.
Rédigé par : Laurent | 18 mai 2012 à 17:20