Tate Modern, Londres • 4.4.12
Tout y est : les animaux conservés dans le formol — certains découpés longitudinalement —, les toiles recouvertes de points colorés parfaitement espacés, les vitrines remplies de mégots, les vitrines remplies de médicaments, les panneaux circulaires rotatifs “peints” en laissant couler la peinture par le dessus, le ballon en suspension au-dessus d’une soufflerie, la volière à papillons, les crânes sertis de diamants… et les commentateurs, qui mettent Hirst d’emblée dans la même catégorie que Jeff Koons, se sont empressés de poser les éternelles questions sur la nature de l’art, sur des sujets perçus comme sarcastiques ou provocateurs, sur la valeur d’œuvres exécutées par des assistants, etc.
Et pourtant, il faut être bien cynique, justement, pour ne pas discerner d’emblée la valeur esthétique d’un ensemble qui paraît tout sauf sarcastique, tout sauf gratuit, tout sauf aléatoire. Les commissaires de l’exposition ont peut-être donné un coup de pouce involontaire à Hirst — certains diront peut-être qu’ils l’ont trahi… mais il est difficile de ne pas se laisser subjuguer.
La pièce maîtresse de l’exposition, pour moi, est une immense installation composée essentiellement d’armoires à pharmacie méticuleusement remplies de boîtes et flacons. La dominante blanche, l’harmonie des formes et des couleurs provoque une émotion du même type de celle que l’on ressent à la découverte d’une typographie équilibrée et épanouie.

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