Salle Pleyel, Paris • 18.4.12 à 20h
Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboim
Mozart : concerto pour piano n° 24 (Barenboim, piano)
Bruckner : symphonie n° 7
Ce concert m’a convaincu un peu plus du bien-fondé d’une théorie que j’élabore depuis quelque temps au sujet des chefs d’orchestre, qui me semblent se répartir entre ceux qui favorisent la gratification instantanée et totale et ceux qui, au contraire, cherchent à faire monter la tension progressivement pour rendre les climax d’autant plus intenses et jubilatoires. (C’est, par exemple, ce qui oppose un Thielemann à un Gatti dans l’approche de Parsifal.)
La comparaison avec un enregistrement de la septième de Bruckner par Karl Boehm à la tête du Philharmonique de Vienne suggère que Barenboim fait clairement partie de la première catégorie. Il lâche tout, tout de suite, avec un instinct cependant très sûr. Le résultat est un déferlement admirable de vagues sonores brillantes, qui présente cependant le défaut de peu respirer et d’apparaître un peu compact, parfois à la limite de l’indigestion.

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