Teatro Español, Madrid • 31.3.12 à 20h
Musique et lyrics : Stephen Sondheim. Livret : James Goldman. Adaptation : Roser Batalla & Roger Peña.
Mise en scène : Mario Gas. Direction musicale : Pep Pladellorens. Avec Muntsa Rius (Sally Durant Plummer), Vicky Peña (Phyllis Rogers Stone), Pep Molina (Buddy Plummer), Carlos Hipólito (Benjamin Stone), Massiel (Carlotta Campion), Asunción Balaguer (Hattie Walker), Mónica López (Solange LaFitte), Lorenzo Valverde (Theodore Whitman), Ángel Ruiz (Young Buddy), Linda Mirabal (Heidi Schiller), Julia Möller (Young Sally), Josep Ruiz (Roscoe), Gonzalo de Salvador (Dimitri Weismann), Marta Capel (Young Phyllis), Diego Rodríguez (Young Ben), Mamen Garcia (Emily Whitman), Teresa Vallicrosa (Stella Deems), Joana Estebanell (Young Heidi).
Mario Gas est le metteur en scène qui fait connaître Sondheim aux Espagnols : après une remarquable production de Sweeney Todd (que j’ai découverte à Barcelone à 1997) et une envoûtante production de A Little Night Music (vue à Madrid en 2000), voici qu’il propose au public madrilène de découvrir Follies, dans le magnifique Teatro Español, dont il est le directeur artistique.
On ne sait quoi applaudir le plus : la superbe adaptation en castillan, qui chante merveilleusement et ne fait aucun compromis de sens ; la mise en scène, attentive aux moindres détails et d’une rigueur dramatique remarquable ; le magnifique orchestre (plus de 20 noms dans le programme — je n’ai pas vérifié qu’ils étaient tous là en même temps) ; l’excellente distribution, menée par la redoutable et excellente Vicky Peña, qui était la Mrs. Lovett de Sweeney Todd et la Désirée de A Little Night Music.
Le spectacle démarre un peu doucement, mais il prend progressivement son essor pour terminer sur l’une des séquences “Loveland” les plus réussies que j’aie vues. Gas enfonce notamment tous les autres metteurs en scène à l’occasion d’un “Losing My Mind” (“Perdiendo la Razón”) visuellement virtuose et d’une grande force. Il utilise fort bien les projections pour enrichir la mise en scène de manière toujours extrêmement pertinente.
On se régale de la performance d’Asunción Balaguer, sans doute la doyenne de la distribution, qui propose un “Broadway Baby” (devenu “Soy Corista”) plein de verve et d’un réjouissant entrain presque juvénile… avant de se lâcher, comme tout le monde, dans un éblouissant “Who’s That Woman?”. On est tout aussi enthousiaste devant les prestations de Massiel en Carlotta et de Linda Mirabal en Heidi.
Pas grand’ chose à reprocher, en somme… Le spectacle, qui ferme ses portes dans quelques jours, a manifestement rencontré l’assentiment du public, puisqu’une reprise vient d’être annoncée pour le mois de juin.
Une dizaine de danseurs apparaissent torse nu au début de la séquence “Loveland”. Je n’ose imaginer la quantité de cire qu’il a dû falloir employer pour qu’il ne subsiste absolument aucune trace de poil… alors que certains d’entre eux sont très bruns — on est en Espagne, après tout.

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