Palais-Garnier, Paris • 30.1.12 à 19h30
Musique : Philippe Fénelon. Livret : Alexei Parine, d’après la pièce de Tchekhov.
Direction musicale : Tito Ceccherini. Mise en scène : Georges Lavaudant. Avec Elena Kelessidi (Liouba), Marat Gali (Lionia), Alexandra Kadurina (Gricha), Ulyana Aleksyuk (Ania), Anna Krainikova (Varia), Igor Golovatenko (Lopakhine), Mischa Schelomianski (Charlotta), Svetlana Lifar (Douniacha), Alexey Tatarintsev (Iacha), …
J’ai beaucoup dormi pendant cette représentation… mais j’en étais sans doute le premier responsable.
Pendant mes moments d’éveil, j’ai été frappé par la curieuse manière dont les auteurs (compositeur, librettiste, décorateur, metteur en scène) se sont approprié la redoutable mélancolie tchékhovienne : au lieu de l’enraciner dans le sol dont elle est si manifestement issue, ils la laissent se sublimer en une sorte de rêverie intemporelle et sans attache. (On s’attendrait presque à voir débarquer le Capitaine Kirk et un détachement de l’USS Enterprise, partis à la découverte d’une nouvelle planète mystérieuse d’un système solaire à moitié oublié dans le 429ème épisode de Star Trek.) Or Tchekhov résiste mal à l’état gazeux. Ses personnages, même s’ils sont généralement des êtres de pensée plus que d’action, n’en sont pas moins des produits d’un lieu et d’une époque. Les priver de cette matrice, c’est les transformer en ectoplasmes insaisissables, à la dérive dans un univers ésotérique.
D’autant que le livret semble bien déstructuré : l’action démarre avec l’annonce de Lopakhine se dévoilant comme l’acquéreur du domaine, qui se situe normalement à la fin du troisième acte.
La musique est plaisante. Un peu monocorde — surtout dans le premier acte —, elle s’anime régulièrement de belle manière, mais sans que l’on saisisse toujours très bien les ressorts dramatiques de ces emballements.
Belle distribution, très engagée, dont j’admire la capacité à mémoriser des rôles dont l’écriture musicale est pour le moins déroutante.

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