Nationaltheater, Munich • 15.1.12 à 18h
Verdi (1867 pour la version originale en français)
Direction musicale : Asher Fisch. Mise en scène : Jürgen Rose. Avec Jonas Kaufmann (Don Carlo), Anja Harteros (Élisabeth de Valois), René Pape (Philippe II), Anna Smirnova (la Princesse Eboli), Boaz Daniel (Rodrigue), Eric Halfvarson (le Grand Inquisiteur), Steven Humes (un Moine / Charles Quint)…
Avec une distribution pareille, ça aurait pu être le Don Carlo du siècle. Ça ne sera finalement que celui de l’année. Pour une raison difficile à expliquer, les chanteurs se sont en effet lancés dès le départ (Kaufmann en tête) dans une course au volume sonore, dont aucun n’est sorti complètement indemne. L’acoustique de l’Opéra de Munich étant au demeurant parfaitement excellente, elle ne nécessite nullement ce déchaînement vocal permanent.
J’avais beaucoup aimé Asher Fisch lorsqu’il était venu diriger La Bohème à Paris il y a un peu plus d’un an. Cette fois, je l’ai trouvé inutilement grandiloquent et souvent à la limite du mauvais goût. Je persiste d’ailleurs à penser que les musiciens munichois ne rendent pas toujours service à Verdi.
Reste que Jonas Kaufmann, René Pape et Anja Harteros sont sublimes. Ils tirent toute la distribution vers le haut… et on se régale également avec le Grand Inquisiteur glaçant de Eric Halfvarson, le Rodrigue généreux de Boaz Daniel (malgré de réelles difficultés sur la durée) et — c’est plus rare — le Moine irrésistible de Steven Humes.
Je connaissais déjà cette mise en scène de Jürgen Rose, que je trouve largement sans intérêt, même si j’en ai saisi cette fois quelques intentions qui m’avaient échappé la première fois. Seule la scène de l’autodafé me semble réellement réussie.
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