Menier Chocolate Factory, Londres • 31.12.11 à 20h
Musique et lyrics : Stephen Schwartz (1972). Livret : Roger O. Hirson.
Mise en scène : Mitch Sebastian. Direction musicale : Tom Kelly. Avec Matt Rawle (Leading Player), Harry Hepple (Pippin), Ian Kelsey (Charles), David Page (Lewis), Frances Ruffele (Fastrada), Louise Gold (Berthe), Carly Bawden (Catherine), Stuart Neal (Theo), …
Ma 103ème et dernière comédie musicale de l’année (sauf erreur de comptage) aura aussi été la plus décevante. Je dois avouer que je m’y attendais un peu. Pippin fait partie (avec Godspell) des œuvres de jeunesse de Stephen Schwartz, surtout connu désormais pour son succès planétaire, Wicked. La pièce suit l’itinéraire initiatique d’un personnage que l’on pourrait décrire comme un cousin éloigné de Candide, dénommé Pippin parce qu’il est très vaguement (mais vraiment très vaguement) inspiré par Pépin le Bref. Elle est très liée à la mémoire de Bob Fosse, qui mit en scène et chorégraphia la production originale en 1972.
Là où le bât blesse, c’est que le metteur en scène de cette nouvelle production, Mitch Sebastian, prétend révéler des profondeurs soi-disant insondées de l’œuvre en imaginant sa mise en scène comme un gigantesque jeu vidéo et en accentuant les références à la violence et à la sexualité, qu’il trouve d’habitude sous-jouées (on ne sait pas très bien d’où lui vient cette impression).
Il faut reconnaître que le décor de Timothy Bird (qui avait fait des miracles dans ce même théâtre pour Sunday in the Park With George) est très impressionnant, avec ses lasers et ses projections. Mais cela n’empêche pas la représentation d’être globalement affligeante. L’espèce d’atmosphère onirique très “flower power” généralement associée à l’œuvre a disparu au profit d’une esthétique qui étouffe la sa délicate substance, au carrefour du hard rock et du mauvais cinéma d’anticipation. Pippin n’a nullement besoin de traits aussi grossiers et agressifs… sans parler du volume sonore épouvantable. La violence et la sexualité que Mitch Sebastian prétend révéler ont toujours été présents ; il est inutile de les mettre autant mis en exergue.
Je suis, du coup, parti à l’entracte, décidé à ne pas terminer l’année sur un trop mauvais souvenir.

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