“Ruddigore, or The Witch’s Curse”
Concerts LSO / Gergiev à Pleyel

“Burlesque”

Jermyn Street Theatre, Londres • 27.11.11 à 15h30
Musique : Adam Meggido. Livret et lyrics : Adam Meggido & Roy Smiles

Mise en scène : Adam Meggido. Direction musicale : Duncan Walsh-Atkins. Avec Linal Haft (Freddie Le Roy), Buster Skeggs (Lula Malkah), Chris Holland (Rags Ryan), Jon-Paul Hevey (Johnny Reno), Alicia Davies (Honey Hogan), Sinead Mathias (Georgia Mitchell), Victoria Serra (Amy Delamero), Alex Bartram (Bill Henry), Jeremiah Harris-Ward (Saul Sunday).

C’est à la fois incroyable et typique de l’état actuel de la comédie musicale que ce soit dans le microscopique Jermyn Street Theatre, où je n’étais pas allé depuis longtemps mais où j’ai d’excellents souvenirs, que se joue une nouvelle pièce ambitieuse et intelligente, dont la partition est deux fois plus entraînante que celles de Ghost, Matilda, Lend Me a Tenor et Betty Blue Eyes réunies.

1952, quelque part aux États-Unis : un théâtre s’accroche à un genre mourant, le “burlesque”, enchaînement de tableaux comiques et musicaux alternant avec de vrais/faux strip-teases — quiconque a vu la comédie musicale Gypsy visualise sans doute très bien l’atmosphère. Pendant ce temps, le maccarthysme, sous prétexte de protéger la nation contre le communisme, sème la terreur. Les auteurs font bien sûr un parallèle silencieux avec les États-Unis d’aujourd’hui et leur “guerre contre la terreur”.

La pièce alterne des tableaux “à la façon du burlesque” et des scènes pour le petit monde qui peuple les coulisses du “Palace Theater”. Il y a les deux vieux comédiens reconvertis en organisateurs de spectacles ; le talentueux comique condamné à jouer dans des théâtres de seconde zone parce qu’il est blacklisté par les maccarthystes ; son compère, un Irlandais homosexuel et alcoolique ; et les trois ecdysiastes (je ne crois pas que le mot existe en français, mais je ne peux pas résister) qui font partie du spectacle.

Il suffit de dix secondes au début de la pièce pour que l’émotion s’installe : les merveilleux Linal Haft et Buster Skeggs (qui sont mari et femme dans la vie), les yeux vagues et la voix embuée, se remémorent le passé dans une vraie/fausse nostalgie, point de départ d’un magnifique et virtuose numéro d’ouverture comme on en voit peu. Ils inaugurent une série de personnages plus touchants les uns que les autres, le sommet étant atteint avec le duo comique de Johnny Reno et Rags Ryan, les sublimes Paul Hevey et Chris Holland.

La partition enchaîne les moments de bonheur. Un piano, une batterie, une clarinette doublant le saxophone : il ne faut rien de plus pour accumuler les ambiances délicieuses. Les moments forts de la partition sont trop nombreux pour être tous cités, mais le numéro final du premier acte, “Luck Of The Irish”, et le numéro d’ouverture du deuxième acte, “Little Red Riding Hood”, sont particulièrement jubilatoires.

La mise en scène et la magie de la pièce parviennent à nous faire oublier que la scène fait la taille d’un timbre poste.

Mais que fait Burlesque dans un aussi petit théâtre ? Et où nous cachait-on ce Adam Meggido jusqu’à présent ? J’espère pour lui que son téléphone a beaucoup sonné ces dernières semaines.

Deux choses à bannir absolument dans les théâtres : les cigarettes au maïs (à tout prendre, je préfère encore les vraies) et la musique de fond qui se déclenche automatiquement dès que les lumières de la salle sont allumées, y compris pendant les saluts !

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