Folger Theatre, Washington DC • 30.10.11 à 19h
Shakespeare (ca. 1603)
Mise en scène : Robert Richmond. Avec Owiso Odera (Othello), Ian Merrill Peakes (Iago), Janie Brookshire (Desdemona), Karen Peakes (Emilia), Louis Butelli (Roderigo), Thomas Keegan (Cassio), Jeff Allin (Brabantio), Todd Scofield (The Duke / Gratiano), Joe Guzman (Lodovico), Chris Genebach (Montano), Zehra Fazal (Bianca).
Quel lieu étonnant que ce Folger Theatre, reconstitution d’un théâtre élisabethain en bois à l’intérieur d’un bâtiment moderne, la Folger Shakespeare Library, un lieu monumental dédié à Shakespeare et à son époque, financé en 1932 par un mécène privé.
Le simple fait d’assister à une représentation à l’intérieur de ce lieu étonnant constituerait une expérience forte… mais la qualité de cette production d’Othello contribue aussi beaucoup au plaisir. La mise en scène pleine d’énergie et l’enthousiasmante prestation des comédiens pourrait presque créer l’illusion que le texte est contemporain tant il est bien dit et bien mis en contexte.
Robert Richmond utilise expertement toutes les ficelles de la mise en ambiance : bruitages de toutes natures, musique, bruits blancs, échos et réverbération, souffleries… sans compter d’époustouflants effets de lumière sur le décor polymorphe, coloré et plein de surprises de Tony Cisek (le même Tony Cisek dont le décor pour Parade m’a paru bien fade). Les costumes de William Ivey Long, un nom bien connu à Broadway, où il a conçu les costumes pour plus de 60 productions, sont magnifiques.
Cette mise en scène somptueuse n’est nullement conçue pour distraire l’attention de la performance des acteurs. Au contraire, elle ne met que davantage en lumière les prestations exceptionnellement magnétiques de l’Othello d’Owiso Odera ou du Iago de Ian Merrill Peakes. Les seconds rôles sont tout aussi remarquables, avec une mention particulière pour le Roderigo déjanté et attachant de Louis Butelli.
La représentation est tellement prenante qu’elle semble s’écouler en un battement de paupières. Le plus beau témoignage que l’on puisse rendre à la beauté de l’écriture de Shakespeare.

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