Landor Theatre, Londres • 25.9.11 à 15h
Musique : Stephen Flaherty. Lyrics : Lynn Ahrens. Livret : Terrence McNally, d’après le roman de E. L. Doctorow
Mise en scène : Robert McWhir. Direction musicale : George Dye. Avec Kurt Kansley (Coalhouse Walker Jr.), Louisa Lydell (Mother), John Barr (Tateh), Rosalind James (Sarah), David McMullan (Mother’s Younger Brother), Alexander Evans (Father), Raymond Coker (Booker T. Washington), Hollie O’Donoghue (Evelyn Nesbit), Judith Paris (Emma Goldman), Craig Rhys-Barlow (Harry Houdini), George Smith (The Little Boy), Graham Hoadly (Grandfather), …
Le minuscule Landor Theatre s’atèle à une entreprise à peu près aussi démesurée que son Follies de 2006 en montant ce qui est peut-être le dernier chef d’œuvre du vingtième siècle en matière de comédie musicale, le sublime Ragtime, avec un ratio comédiens / spectateurs compris entre un pour deux et un pour trois.
Et pourtant, dès le numéro d’ouverture — sans doute l’un des plus sublimes jamais écrits — on sent que la magie va fonctionner et que l’exiguïté de l’espace va une fois de plus servir de catalyseur à une expérience théâtrale supérieure. Le petit décor à malices de Martin Thomas réserve mille surprises permettant d’évoquer les nombreux lieux de l’histoire. Le procédé utilisé pour évoquer la fameuse Ford Model T est non seulement malin, mais également génial sur le plan dramatique car il permet de donner substance à la chanson “Henry Ford” comme aucune autre mise en scène ne l’a jamais fait.
Les comédiens sont excessivement attachants. Compte tenu de l’exigence de la partition, certains atteignent parfois leurs limites vocales (Rosalind James [notre récente Éponine de Paris], par exemple, n’a pas toutes les notes aiguës d’un rôle qui — faut-il le rappeler ? — a été écrit sur mesure pour Audra McDonald, pour qui rien n’est impossible). John Barr et David McMullan sont particulièrement géniaux dans les rôles touchants de Tateh et Younger Brother — deux rôles très différents mais si joliment écrits.
Excellente prestation également de la petite formation orchestrale de cinq musiciens, qui préserve l’essentiel de la magie de la sublime partition de Stephen Flaherty. L’intensité dramatique prend à la gorge sans discontinuer et la proximité imposée par la taille des lieux fonctionne à merveille pour créer une empathie idéale pour compenser le style “héroïque” de certaines scènes.
Je n’ai au fond, qu’un petit reproche… mais un reproche qui m’a tarabusté pendant toute la représentation : comment peut-on imaginer que le personnage de Mother ne porte pas de chapeau chaque fois qu’elle sort de chez elle ? La voir ainsi en cheveux m’a semblé une aberration totale.
Bon, je m’en remettrai. J’étais quand même heureux d’être assis au deuxième rang, car les spectateurs du premier rang éprouvaient sans doute quelques difficultés à prendre de la distance compte tenu du nombre de comédiens occupant simultanément la scène à de nombreuses reprises.

Une fois de plus (ça devient presque "spooky") on a vu exactement le même spectacle. Moi-aussi j'ai adoré, quoique la production de 2003 avec Maria Friedman restera ma préférée à tout jamais.
À la prochaine dans un autre théâtre londonien! ;-)
Eli
PS: Mr Shenton était visiblement ému lui-aussi, AWWW!
Rédigé par : Eli_in_London | 29 septembre 2011 à 11:01
> Oui… mais j’aurais préféré qu’il se retienne de parler aussi souvent à l’oreille de son compagnon… et qu’il laisse ses Crocs chez lui :-)
Rédigé par : Laurent | 30 septembre 2011 à 01:36