Salle Pleyel, Paris • 27.9.11 à 20h
Académie du Festival de Lucerne, Ensemble intercontemporain, Pierre Boulez
Boulez : Pli selon Pli (Barbara Hannigan, soprano)
Un concert étonnamment captivant, consacré à cette longue composition de 1962 (révisée depuis), dont le texte cite quelques poèmes de Mallarmé et qu’il me semble avoir déjà entendue en concert. Comme toujours avec Boulez, on est également fasciné par ce qui émerge de la construction de la partition (la symétrie du premier et du dernier accord, par exemple) et par la gestique maniaquement précise du Maestro (même si la pulsation disparaît dans les mouvements intitulés “improvisation”).
Le mouvement médian, qui s’appuie exclusivement sur les instruments de percussion (piano inclus), est particulièrement prenant.
On admire l’interprétation au cordeau. Je suis fasciné par le joueur de mandoline, qui fait un plonk en moyenne toutes les dix minutes et qui semble savoir toujours précisément où il en est. Prestation étonnament intense de Barbara Hannigan, qui donne continuité et lyrisme à la ligne chantée sans trahir l’essence d’un monde délibérément fragmenté.
Tout n’est pas également passionnant (le quatrième mouvement semble interminable), mais on ne peut nier être souvent intrigué et, à l’occasion, empoigné.
Sortie du Maestro entre les deux premiers mouvements : il dit quelque chose d’inintelligible mais montre ses lunettes : sales ? cassées ? Mystère.
J'ai aussi particulièrement apprécié le troisième mouvement. (Dans ces « percussions », il y avait aussi une harpe ! Le son n'était pas évident à reconnaître à l'oreille, mais depuis l'arrière-scène, le doute n'était pas permis...)
Rédigé par : Joël | 29 septembre 2011 à 01:04
> Je savais que je prenais un risque :-) Merci pour la précision !
Rédigé par : Laurent | 29 septembre 2011 à 02:02
Ce n'était pas les bonnes lunettes : il est allé les changer, tout simplement (j'étais au 3ème rang de face, je l'ai bien entendu marmoner). Il a donc dirigé tout le premier mouvement sans lunettes !
Rédigé par : Philippe[s] | 29 septembre 2011 à 07:17
> Un ami manifestement bien informé me confirme que sa vue a beaucoup décliné et qu’il connaît au minimum le premier mouvement par cœur.
Rédigé par : Laurent | 30 septembre 2011 à 01:43