Philharmonie, Berlin • 26.8.11 à 19h
Berliner Philharmoniker, Simon Rattle
Mahler : symphonie n° 7
Ma précédente visite à la Philharmonie de Berlin (qui était la première) remonte à plus de quatre ans. J’y avais justement entendu trois symphonies de Mahler interprétées par l'orchestre du Staatsoper, dont une septième assez oubliable dirigée par Daniel Barenboim.
Les Berliner Philharmoniker sont en train de présenter, à leur rythme, une intégrale des symphonies de Mahler sous la conduite de leur directeur musical, Simon Rattle. En passant un jour par hasard sur le site de l’orchestre, j’ai eu la surprise de constater qu’une poignée de places étaient disponibles pour le concert inaugural de la nouvelle saison, consacré à la septième.
Le concert valait bien entendu le déplacement, malgré la chaleur tropicale qui régnait sur Berlin… jusques et y compris à l’intérieur de la Philharmonie, manifestement mal climatisée. Je me risque néanmoins à avancer que j’avais été plus touché par le concert du San Francisco Symphony dirigé par Michael Tilson Thomas au Royal Albert Hall il y a à peu près exactement quatre ans.
C’est qu’on sent que Rattle cherche à garder le contrôle d’une musique qui, notamment dans les deux mouvements extrêmes, pousse pourtant plutôt à un certain abandon. La conduite du premier mouvement est tellement régulière qu’on en perd ces petits moments indéfinissables où de microscopiques décalages font naître de petits bonheurs aussi furtifs qu’inattendus. Mais cette régularité peut aussi faire naître des moments sublimes, comme dans les dernières mesures du premier mouvement, souvent accélérées au-delà du raisonnable : la détermination de Rattle à conserver la pulsation décuple la force de la conclusion et fait venir instantanément la chair de poule.
Il n’en reste pas moins que le jeu de l’orchestre est superlatif. C’est d’ailleurs ce qui permet à Rattle d’aller exhumer ici ou là des traits rarement mis en évidence, en obtenant des résultats magnifiques. Les cors sont particulièrement sidérants dans la première Nachtmusik grâce à leur capacité à changer de nuance en gardant une note tenue.
Épisode curieux à la fin du concert : Rattle revient sur scène alors qu’il ne reste que la moitié environ des musiciens et il demande à tout le monde de se rasseoir. (La plupart des pupitres s’exécutent… sauf les altos, qui laissent les deux tiers de leurs chaises vides.) Rattle annonce alors dans un allemand laborieux et mélangé d’anglais que l’un des contrebassistes vient d’exécuter son dernier concert après une longue et fructueuse carrière. Fleurs, applaudissements des collègues, mais aussi du public, dont une partie se lève avec enthousiasme.
Le concert devait commencer par la symphonie de chambre n° 1 de Schönberg. Des panneaux placés à l’entrée annoncent que ça ne sera finalement pas le cas. À titre personnel, je préfère attaquer directement… même s’il devait y avoir une logique dans le couplage.

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