5th Avenue Theatre, Seattle • 23.7.11 à 14h et 20h
Musique : Alan Menken. Lyrics : Howard Ashman & Tim Rice. Livret et lyrics additionnels : Chad Beguelin.
Mise en scène et chorégraphie : Casey Nicholaw. Direction musicale : Michael Kosarin. Avec Adam Jacobs (Aladdin), James Monroe Iglehart (Genie), Courtney Reed (Jasmine), Brian Gonzales (Babkak), Andrew Keenan-Bolger (Omar), Brandon O’Neill (Kassim), Jonathan Freeman (Jafar), Seán G. Griffin (Sultan), Don Darryl Rivera (Iago), …
Mon sang n’a fait qu’un tour lorsque j’ai appris que le 5th Avenue Theatre de Seattle (où j’avais vu Catch Me If You Can il y a deux ans) s’apprêtait à monter une version scénique du dessin animé Aladdin, l’une des meilleures productions des studios Disney, dont la partition m’a toujours enchanté.
C’est une histoire triste que celle d’Aladdin puisque Howard Ashman, le lyriciste, est décédé alors que le film était encore en projet. (Il est mort avant la sortie de Beauty & the Beast, le précédent dessin animé utilisant une partition de Menken & Ashman, qui lui est dédié.) Menken & Ahman avaient écrit de nombreuses chansons pour Aladdin, mais trois seulement figurent dans la version finale du film. C’est Tim Rice qui a écrit les lyrics des autres chansons.
Cette production réintègre une partie des chansons non utilisées dans le film : “Babkak, Omar, Aladdin, Kassim”, “Call Me a Princess”, “High Adventure”, mais aussi et surtout le déchirant “Proud of Your Boy”, que l’on connaissait grâce à quelques enregistrements, dont la “démo” originale chantée par Ashman lui-même. D’autres chansons complètement nouvelles ont été composées par Menken avec Chad Beguelin, le lyriciste de The Wedding Singer et de Elf.
Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre, d’autant qu’il avait été annoncé dès le départ que cette production ne visait pas un transfert à Broadway… l’une des raisons, d’ailleurs, pour lesquelles je n’ai pas hésité à programmer un petit voyage.
La production est un enchantement. C’est avant tout la qualité de l’expérience musicale qui emporte l’adhésion : quinze excellents musiciens dans la fosse, dont des cuivres extraordinaires ; les magnifiques orchestrations de Danny Troob ; la partition magnifique d’Alan Menken, l’un des compositeurs vivants les plus attachants (Little Shop of Horrors, Beauty and the Beast, The Little Mermaid, Sister Act, Leap of Faith).
La mise en scène se débrouille fort intelligemment d’un budget manifestement limité. Casey Nicholaw (The Drowsy Chaperone, Elf, The Book of Mormon) confirme un talent de metteur en scène enraciné dans une tradition théâtrale classique fuyant gadgets et artifices — l’aspect le moins conventionnel de sa mise en scène est l’utilisation de projections en ombres chinoises sur le rideau de scène. Ses chorégraphies sont réjouissantes et pleines d’un entrain communicatif. Il compose de vraies belles images, un art théâtral de moins en moins valorisé.
La distribution est dominée à égalité par l’Aladdin charmeur d’Adam Jacobs, qui a le vibrato le plus maîtrisé et le plus enchanteur que j’aie entendu depuis longtemps, et par le Génie plus vrai que nature de James Monroe Iglehart, qui réalise l’exploit de donner vie à un personnage qui ne semblait conçu que pour la magie et la démesure du dessin animé. Jonathan Freeman est un Jafar succulent, avec ce qu’il faut de camp pour en faire un méchant idéal à la sauce Disney.
Plusieurs séquences du dessin animé évoquaient plus ou moins explicitement la comédie musicale, notamment le grand numéro du Génie, “Friends Like Me”. Encore fallait-il transposer l’ensemble de l’histoire de manière convaincante. C’est chose faite… avec un spectacle qui réussit l’exploit d’être plus entraînant que la plupart des productions actuellement à l’affiche à Broadway.
Et un petit album de photos prises essentiellement dans l’Olympic Sculpture Park et aux alentours de la Space Needle.
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| Seattle (Sculpture Park & Space Needle) |


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