London Palladium • 21.5.11 à 14h30
Musique : Harold Arlen. Lyrics : E. Y. Harburg. Musique additionnelle : Andrew Lloyd Webber. Lyrics additionnels : Tim Rice. Adaptation du livret : Andrew Lloyd Webber & Jeremy Sams.
Mise en scène : Jeremy Sams. Direction musicale : Graham Hurman. Avec Danielle Hope (Dorothy), Stephen Scott (Professor Marvel / The Wizard or Oz [understudy / remplaçant]), Hannah Waddingham (Miss Gulch / The Wicked Witch of the West), Emily Tierney (Glinda), Ashley Day (Hunk / Scarecrow [understudy / remplaçant]), Edward Baker-Duly (Hickory / Tin Man), David Ganly (Zeke / Cowardly Lion), Helen Walsh (Auntie Em), Zeph (Uncle Henry).
C’est la dernière aventure en date de Lord Lloyd Webber : proposer une nouvelle version de cette comédie musicale tirée du célébrissime film de 1939. (Comme je l’expliquais ici, la version scénique est très postérieure au film.) Lloyd Webber ne s’est pas contenté de ressortir des cartons une version déjà représentée : il a décidé de remanier un peu le livret, d’écrire plusieurs chansons nouvelles (avec son vieux complice Tim Rice)… et de recruter sa Dorothy par le biais de l’un de ces concours télévisés désormais courants.
C’est une entreprise à gros budget, installée depuis quelques mois dans le gigantesque et magnifique London Palladium, l’un des plus imposants théâtres de Londres, dont certains des foyers viennent d’ailleurs d’être complètement rénovés.
Dans l’ensemble, c’est une réussite. La production est très spectaculaire sur le plan visuel, grâce notamment au décor étonnant de Robert Jones. Beaucoup de possibilités techniques du théâtre ont été exploitées : les gigantesques dessous de scène, par exemple, mais aussi l’existence d’une célèbre verrière au-dessus de la salle, qui permet de ménager quelques effets aériens très réussis.
On pourrait trouver prétentieux de la part de Lloyd Webber de vouloir compléter la partition de Harold Arlen, un compositeur qui pour beaucoup incarne le summum du raffinement et de la classe. D’un autre côté, il faut bien reconnaître que la partition de ce Wizard of Oz, écrite pour un film, ne couvre pas tous les épisodes musicaux nécessaires à une adaptation scénique équilibrée. En l’occurrence, Lloyd Webber a fait mouche, en dotant par exemple la Méchante sorcière de l’ouest (Wicked Witch of the West) d’une excellente chanson, “Red Shoes Blues”, dans le deuxième acte.
Belle distribution dans l’ensemble, même si je ne suis pas très sûr de comprendre comment Danielle Hoppe a pu paraître supérieure aux milliers de candidates vraisemblablement sur les rangs pour jouer Dorothy. Le rôle du Magicien est normalement joué par le célèbre Michael Crawford, créateur du rôle-titre de Phantom of the Opera, mais c’est l’un des remplaçants qui avait pris sa place lors de cette représentation.
Les trois compères (l’Épouvantail, l’Homme d’étain et le Lion) sont confiés à d’excellents comédiens. J’ai été particulièrement séduit par Ashley Day dans le rôle de l’Épouvantail — c’est pourtant aussi un remplaçant… mais j’ai du mal à penser que le titulaire officiel du rôle soit aussi bon.
C’est la délicieuse Hannah Waddingham (A Little Night Music, Into the Woods) qui, de loin, propose la prestation la plus remarquable. Elle est complètement déchaînée, dans le rôle de la Sorcière… et elle obtient la réaction normale d’un public anglais habitué aux spectacles de pantomime : elle se fait gentiment huer.
Le seul vrai point faible, au fond, c’est le son métallique qui sort de la fosse, qui contient pourtant 16 musiciens à en croire le programme. L’ouverture ne ressemble à rien tant il semble impossible d’obtenir les bons équilibres instrumentaux. La sur-amplification de certains instruments, combinée à la présence de sons synthétiques, donne des résultats d’une laideur indescriptible, devenue malheureusement trop habituelle ces dernières années.
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