Broadway Theatre, New York • 9.4.11 à 14h (preview/avant-première)
Musique : Alan Menken. Lyrics : Glenn Slater. Livret : Cheri Steinkellner & Bill Steinkellner, avec des compléments de Douglas Carter Beane, d’après le film.
Mise en scène : Jerry Zaks. Direction musicale : Brent-Alan Huffman. Avec Patina Miller (Deloris Van Cartier), Victoria Clark (Mother Superior), Chester Gregory (Edie Souther), Marla Mindelle (Mary Robert), Sarah Bolt (Mary Patrick), Kingsley Leggs (Curtis Jackson), Fred Applegate (Monsignor O’Hara), John Treacy Egan (Joey), Caesar Samayoa (Pablo), Demond Green (TJ), Audrie Neenan (Mary Lazarus)…
J’avais décrit cette comédie musicale il y a presque deux ans lorsqu’elle a été créée à Londres après avoir vu le jour dans des théâtres régionaux américains. Elle arrive enfin à Broadway, dotée d’un nouveau metteur en scène et d’un livret partiellement remanié par Douglas Carter Beane, le librettiste de Xanadu.
Curieusement, aucune des modifications effectuées depuis Londres ne me semble être allée dans le bon sens.
Les ajouts au livret sont pour l’essentiel de courtes plaisanteries (ce que les anglophones appellent des one-liners) qui n’ont en général qu’un lointain rapport avec le sujet et qui provoquent parfois plus la gêne que le rire. Ou alors le rire jaune.
La mise en scène ressemble à s’y méprendre à la version de Peter Schneider, le metteur en scène d’origine, qui doit se demander ce qu’il a bien pu faire pour mériter d’être ainsi éjecté de l’aventure.
Et si la production utilise toujours le magnifique décor de Klara Zieglerova, les lumières sont réglées de telle sorte que la plupart des transformations à vue qui m’avaient tant réjoui à Londres se font maintenant dans la pénombre.
Même avec ces modifications plutôt mal avisées, la pièce reste un grand moment de plaisir. C’est au premier chef la musique d’Alan Menken qui en est responsable : mélodique, variée, elle couvre un territoire assez large qui s’étend de l’univers Disney à un son soul et rythm ’n’ blues très Motown. On remarque quelques modifications par rapport à Londres (comme une nouvelle chanson, “It’s Good To Be a Nun”) : ici aussi, on aurait du mal à se convaincre que l’œuvre y gagne d’une quelconque façon.
La distribution fait beaucoup pour le succès de la pièce. Dans le rôle principal de Doloris, on retrouve avec plaisir Patina Miller, qui m’avait déjà beaucoup impressionné à Londres : elle s’est encore améliorée depuis, malgré des aigus un peu fatigués. Et le rôle de la Mère Supérieure est confiée à l’excellente Victoria Clark, l’inoubliable Mère de The Light in the Piazza : elle manque peut-être un tout petit peu de la légèreté requise pour une comédie aux prétentions limitées, mais elle est remarquable.
J’avoue une faiblesse pour Chester Gregory, déjà remarqué dans Dreamgirls, absolument épatant ici dans le rôle d’Edie, à qui revient ma chanson préférée, “I Could Be That Guy”, qui parvient à être à la fois émouvante et entraînante… et qui bénéficie d’une géniale idée de mise en scène, responsable d’un très joli moment d’émotion.

Je suis content de trouver quelqu'un ayant partagé mon ressentit sur cette pièce. En entrant dans la salle, je m'attendais à quelque chose de vraiment très bien... En face de tous ces bons retours du public, je me sentais limite bête d'avoir trouvé ça pas terrible. Il n'y a que les chansons et le décors qui m'ont impressionnés, sinon j'avais la sensation de sombrer dans le coma à plusieurs reprises. On s'est beaucoup moins amusés devant ce "Sister Act" que devant "How To succeed In Business Without Really Trying" en tous cas ! C'est aussi pourquoi j'adore le théatre, quand le public est au taquet et qu'il y a une ambiance euphorique dans la salle. C'était pas du tout le cas ici... Mais la salle s'est levée quand même aux saluts, ce qui honnetement semble être la tradition a la fin d'une pièce quand bien même elle est médiocre (enfin à Broadway j'en ai vu que 2, donc je peut moins dire que vous). Je suppose que Patina Miller fonctionne mieux que Raven simoné donc la voix est faible et le charisme limité...
Rédigé par : HCC72 | 06 août 2012 à 14:48