Al Hirschfeld Theatre, New York • 31.3.11 à 19h
Musique et lyrics : Frank Loesser. Livret : Abe Burrows, Jack Weinstock & Willie Gilbert.
Mise en scène : Rob Ashford. Direction musicale : David Chase. Avec Daniel Radcliffe (J. Pierrepont FInch), John Larroquette (J.B. Biggley), Rose Hemingway (Rosemary Pilkington), Tammy Blanchard (Hedy LaRue), Christopher J. Hanke (Bud Fromp), Rob Bartlett (Mr. Twimble / Wally Womper), Mary Faber (Smitty), Ellen Harvey (Miss Jones), Michael Park (Mr. Bratt), Anderson Copper (la voix off),…
C’est l’un des événements de la saison : Daniel Radcliffe, le héros de la série des Harry Potter, joue le rôle principal d’une reprise de l’un des chefs d’œuvre de Frank Loesser, créé en 1961 (la production originale avait tenu l’affiche plus de trois ans et demi ; une première reprise en 1995 mettait en vedette Matthew Broderick).
Le rôle est très lourd à porter car le personnage principal, J. Pierrepont Fich, reste en scène pendant une bonne partie de la représentation et il ne peut être confié qu’à un expert dans les trois domaines de la comédie, du chant et de la danse.
Radcliffe est-il à la hauteur ? On l’avait déjà vu se confronter à un rôle difficile dans Equus à Londres. L’impression est à peu près la même : il y met une énergie et une détermination impressionnantes. Avec des résultats parfois probants : il se révèle notamment très bon dans l’art de la comédie, un talent qu’on ne lui soupçonnait pas. La mise en scène lui réserve notamment une série de moments très réussis où il se tourne vers le public pour lui faire une série de clins d’œil tandis que le reste de la scène se trouve plongé très brièvement dans le noir. Dans le domaine de la danse, il se débrouille aussi très correctement, notamment dans le dernier numéro musical, “Brotherhood of Man”, qui est sans conteste le meilleur moment du spectacle. Pour le chant, c’est un peu plus juste, même si ce n’est jamais indigne.
Heureusement, Radcliffe est entouré d’une très bonne distribution, qui contribue aussi beaucoup à le porter. Que ce soit dans les rôles principaux ou dans la troupe (quels danseurs !), on ne peut qu’être admiratif devant autant de talent. Le rôle de J.B. Biggley est tenu par John Larroquette, un comédien de télévision très connu (c’était notamment l’un des personnage principaux de la série Baa Baa Black Sheep, connue en France sous le nom Les Têtes brûlées). Larroquette est immense ; Radcliffe, qui est tout petit, lui arrive bien en-dessous de l’épaule, ce qui provoque des situations visuellement croustillantes.
Pour le reste, on est un peu partagé. Le décor très “60s” de Derek McLane est magnifique à regarder, mais il reste largement le même pendant toute la pièce et n’évoque que très imparfaitement les différents lieux de l’action. La chorégraphie n’est qu’occasionnellement inspirée — la scène dans le service de tri du courrier est particulièrement faible. On reste pas mal sur sa faim, comme dans le récent Promises, Promises.
La plus grosse déception, en ce qui me concerne, vient des orchestrations réduites — fort maladroitement — par Doug Besterman. On sait que le nombre de musiciens dans les fosses de Broadway est condamné à diminuer inéluctablement, mais ce qu’il reste de la joyeuse partition de Frank Loesser fait véritablement de la peine. La somptueuse ouverture n’est plus que l’ombre d’elle même ; c’est triste.

Je suis allée voir ce spectacle un peu à reculons n'appréciant pas particulièrement Daniel Radcliffe et je dois dire que j'en suis ressortie convaincue! Il s'en sort fort bien et le duo qu'il forme aux côtés de John Laroquette est fantastique.
Comme vous, la scène au service de tri du courrier est décevante mais le show est bien ficelé donc on oublie vite ces petites déceptions. Cependant, le 1er acte est plus prenant que le 2nd d'après moi.
Rédigé par : Emilie | 20 novembre 2011 à 04:31
Bonjour, j'aimerais savoir si on peut espèrer voir ce spectacle sans se déplacer ou faudra-t-il absolument aller jusqu'à new-york pour en profiter?
Rédigé par : oumaima | 01 mars 2012 à 19:54
> Le mieux que vous puissiez espérer serait que le spectacle soit présenté à Londres comme cela se produit parfois… mais la probabilité me semble très faible en l’occurrence.
Rédigé par : Laurent | 02 mars 2012 à 00:16
merci, j'essaierai d'attendre le plus patiemment possible que ça se produise quand-même... ou d'amasser assez pour aller le voir à broadway, en même temps que d'autres, vu le prix du voyage!
Merci laurent!
Rédigé par : oumaima | 04 mars 2012 à 23:02
J'ai vu cette pièce qaund il y avait Nick Jonas et j'ai beaucoup aimé. Son chant étant mieux que celui de Daniel Radcliffe c'était un peu plus appréciable et puis il joue très bien, ce qui n'a pas manqué de me surprendre. Je regrette juste que son jeu sois un peu trop calculé dans ce soucis de "tout faire bien". Et Beau Bridges, qui avait repris le rôle de John Larroquette se débrouille extrêmement bien. Enfin aux vues des critiques qu'on lui faisait, je m'attendais à quelquechose de terrible. Mais non. Je pense que la partie "mauvaise" de la pièce est la première partie de l'Act 1. A partir de "Grand Old Ivy", qui marche très bien auprès du public, et qui est suivit par de nombreux "Showstopers" (Paris Original, Rosemary, I believe in you et bien sur Brotherhood Of man), le spectacle s'emballe et est très bien ar la suite. Les chorégraphies de Rob Ashford sont souvent "Too Much" par contre, ce qui est désagréable, surtout au début dans "How To Succeed".
Rédigé par : HCC72 | 06 août 2012 à 14:59