Terrence McNally
Mise en scène : Walter Bobbie. Avec Jeffrey Carlson (Vincenzo Bellini), Rebecca Brooksher (Giulia Grisi), Christopher Michael McFarland (Giovanni Battista Rubini), Marc Kudisch (Antonio Tamburini), Hoon Lee (Luigi Lablache), Amanda Mason Warren (Maria Malibran), George Morfogen (Gioacchino Rossini), Roe Hartrampf (Francesco Florimo), Benjamin Cook (Page).
Le Kennedy Center a l’idée intéressante de présenter trois pièces que le prolifique auteur Terrence McNally (accessoirement librettiste de plusieurs comédies musicales présentées à Broadway) a écrites sur des thèmes liés à l’opéra. La première est The Lisbon Traviata, créée en 1989. La seconde est l’un de ses plus grands succès, Master Class, créée en 1995 (et présentée plusieurs fois à Paris).
La troisième, Golden Age, est — sauf erreur — une nouveauté. McNally a eu l’idée géniale d’installer sa pièce dans les coulisses du Théâtre-Italien à Paris lors de la création des Puritains de Bellini, un soir de janvier 1835. On y retrouve Bellini en compagnie des quatre créateurs de l’opéra : la soprano Grisi, le ténor Rubini, le baryton Tamburini et la basse Lablache, quatre des chanteurs les plus doués de leur époque, entrés dans les livre d’histoire sous l’appellation collective “le quatuor des Puritains”. McNally met également sur scène le fameux Francesco Florimo, biographe de Bellini (et aussi son amant, d’après l’auteur), la Malibran, pour qui Bellini écrivit une version des Puritains pour mezzo qui devait être représentée à Naples, ainsi que le vieux Rossini, alors arbitre des élégances musicales parisiennes.
La pièce commence alors que résonnent les premières notes de l’ouverture de l’opéra… et elle s’achève quand Bellini va saluer le public à l’issue de la représentation. McNally y case à peu près tout ce qui lui passe par la tête : les réflexions qu’il prête à Bellini sur l’état de l’opéra et sur son “rival” Donizzeti, qu’il trouve vulgaire tout en reconnaissant que “Una furtiva lagrima” est sans doute le plus bel air pour ténor jamais écrit ; les états d’âme des quatre vedettes ; le “numéro” que vient faire la Malibran en débarquant sans prévenir ; les chaleureuses félicitations de Rossini, qui fait état d’une lettre reçue d’un jeune admirateur qui veut révolutionner l’opéra, un certain Giuseppe Verdi.
Il y a à boire et à manger dans cet amas peu structuré qui tourne par moments à la démonstration peu subtile d’érudition pas toujours bien digérée, mêlée à des épisodes fictifs plus ou moins intéressants. Mais il y a aussi beaucoup de moments touchants : Bellini n’a que 33 ans, mais il sent sa fin prochaine (il mourra huit mois après la première des Puritains) ; Maria Malibran a également l’intuition qu’elle approche de la fin (elle mourra un an jour pour jour après Bellini, à l’âge de 28 ans) ; McNally imagine que c’est la Malibran et non Grisi qui a interprété les deux airs chantés depuis la coulisse par Elvira le soir de la première des Puritains ; il verbalise avec beaucoup de talent la différence entre la voix de Grisi, pure et cristalline mais dénuée d’intensité dramatique, et celle de la Malibran, imparfaite mais porteuse de tant d’émotion, etc.
L’écriture est légère, enlevée, pleine d’humour… et choisit d’être occasionnellement anachronique sans que l’on comprenne toujours très bien pourquoi (notamment lorsque Bellini se met à jouer “Stormy Weather”, puis “Hello Dolly” au piano). Mais on ne peut s’empêcher de rire lorsque McNally fait dire à Bellini : “Meyerbeer est dans la salle. Il va être épouvanté que l’on s’éloigne autant des canons du grand opéra français et qu’il n’y ait ni tremblement de terre ni nonnes en patins à roulettes dans mon opéra.”
was passiert?
Rédigé par : gvgvsse | 20 avril 2010 à 18:56
Ça vient, ça vient…
Rédigé par : Laurent | 20 avril 2010 à 19:35