Royal Festival Hall, Londres • 6.3.10 à 19h30
Orchestre symphonique de la Radio bavaroise, Mariss Jansons
Mahler : Lieder eines fahrenden Gesellen (Bo Skovhus, baryton)
Chostakovitch : symphonie n° 10
J’évite consciencieusement de croiser la route de Bo Skovhus depuis un récital glacial (au Châtelet, me semble-t-il), où il m’avait laissé de marbre. Le phénomène se reproduit ici avec ces lieder interprétés avec une intensité purement technique, d’une voix peu capable de transmettre de l’émotion. Dommage que ce soit Skovhus qui interprète le rôle-titre du Eugène Onéguine programmé la saison prochaine à l’Opéra d’Amsterdam avec… Mariss Jansons à la baguette.
La symphonie de Chostakovitch est interprétée sublimement par l’Orchestre de la Radio bavaroise, manifestement enchanté de son travail avec Jansons. Curieusement, je ne suis pas autant transporté que lors de mes dernières rencontres avec l’œuvre (ici avec l’Orchestre du Concertgebouw et, déjà, Jansons ; ici avec Haitink et les Wiener Philharmoniker ; ici avec Mikko Franck et l’ONF). Serait-ce trop parfait ? trop lisse ? Aurais-je eu ma dose de perfection germanique après les récents concerts des Berliner et des Wiener Philharmoniker ? Ou peut-être suis-je tout simplement un peu fatigué…
Les dernières mesures, en revanche, sont absolument époustouflantes et, rien que pour ça, on reste sur une impression particulièrement enivrante. Le public, d’ailleurs, fait un triomphe aux interprètes, qui offrent deux bis non identifiés mais pas particulièrement fascinants.
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