De Lydie Agaesse. Musique : Thierry Boulanger et Patrick Laviosa.
Mise en scène : Jean-Luc Revol. Avec Magali Bonfils, Christine Bonnard, Florence Pelly, Ariane Pirie. Et Thierry Boulanger (piano) et Benoît Dunoyer et Segonzac (contrebasse).
Quatre femmes se croisent et se recroisent dans un kaléidoscope de petites tranches de vie impressionnistes, sorte d’assemblage cubiste de saynètes plus ou moins déjantées sur la vie, l’amour et tout le reste.
Le produit fini proposé par Lydie Agaesse à l’écriture et Jean-Luc Revol à la mise en scène n’exploite qu’imparfaitement le potentiel pourtant énorme que recèlent :
- la somptueuse partition originale de Thierry Boulanger et Patrick Laviosa, malheureusement trop peu utilisée ;
- l’irrésistible quatuor de comédiennes dans lequel se distinguent en particulier une Ariane Pirie plus déjantée que jamais et, surtout, la phénoménale, la gigantesque, l’inégalable Florence Pelly, scandaleusement sous-employée sur les scènes parisiennes.
Les récitals de Florence Pelly à l’Européen figurent parmi mes meilleurs souvenirs de spectacles musicaux, toutes latitudes confondues. Pelly possède une voix profonde et envoûtante, à la couleur caramel, au timbre grave et chaleureux à la fois, qui semble nimbée d’un halo de myrrhe et de musc. Elle la met au service d’un réjouissant instinct comique qui fait mouche à coup sûr. Quelle meneuse de revue elle aurait fait si elle était née quelques décennies plus tôt… La voir justifie largement le prix du billet, même si le spectacle est loin d’être parfait.
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