Bellini (1831). Livret de Felice Romani, d’après le ballet-pantomime La Somnambule d’Eugène Scribe.
Direction musicale : Evelino Pidò. Mise en scène : Marco Arturo Marelli. Avec Íride Martínez (Amina), Javier Camarena (Elvino), Michele Pertusi (Le Comte), Marie-Adeline Henry (Lisa), Nahuel di Pierro (Alessio), Cornelia Oncioiu (Teresa),…
Deuxième plongée en deux mois dans l’univers enchanté du bel canto. C’était le nom de Natalie Dessay qui m’avait poussé à tenter l’expérience mais, paradoxalement, j’ai été presque soulagé d’apprendre qu’une défaillance de la chanteuse française avait obligé l’Opéra de Paris à aller quérir d’urgence une remplaçante en la personne de la Costaricienne Íride Martínez, dont le nom ne m’évoquait rien bien qu’elle soit dotée d’un CV de stature internationale.
Martínez n’a pas l’insolente assurance d’une Dessay, mais c’est une chanteuse d’une grande élégance, dont les aigus sonnent avec une réjouissante clarté cristalline, même si les montées requièrent des points d’appui très audibles. Sa voix ne semble pas posséder la désarmante ductilité de celle de la Française, mais on en vient à se demander si cette impression ne provient pas du tempo léthargique adopté par Pidò qui, décidément, ne me convainc pas. Un ami qui a vu une précédente représentation avec Dessay me confirme que Pidò prenait déjà très lent et que ce n’est donc pas pour ménager la remplaçante qu’il a levé le pied.
C’est malgré cela une représentation fort prenante. Il est rare, ces jours-ci, que je ne doive pas lutter contre le sommeil à un moment ou à un autre de la soirée, mais ce n’est étonnamment pas le cas avec cette Somnambule. La qualité d’ensemble du plateau est fort correcte, avec notamment une performance d’une grande noblesse de la part de Michele Pertusi, styliste attentif et attachant. Coup de cœur également pour la Teresa impeccable de Cornelia Oncioiu.
Le metteur en scène a transposé l’action dans un hôtel de montagne. Pourquoi ? Je donne ma langue au chat. Je ne vois pas ce que cette idée rajoute à la pièce. On voit très bien, en revanche, où elle pose problème : ce n’est pas dans la chambre du Comte, mais au milieu de la salle commune, que l’on retrouve Amina endormie. L’émotion qui s’ensuit est, du coup, largement incompréhensible.
Marelli met en scène un dispositif de théâtre dans le théâtre, vraisemblablement destiné à créer une mise en abyme dont le sens m’échappe totalement. Tout autant que la scène finale, jouée devant une réplique du rideau de scène du Palais Garnier, une rupture narrative que je ne m’explique pas.
J'ai cru comprendre que le déplacement dans un sanatorium de montagne évoque un film, ou quelque chose du genre, dont j'ignorais totalement l'existence. Metteur en scène, un emploi fictif parmi d'autres.
Rédigé par : palpatine | 05 mars 2010 à 13:26
> La Montage magique, d’après Thomas Mann ? C’est le seul film que je connaisse qui se passe dans un sanatorium. Mais je ne vois pas trop le rapport avec l’histoire de cette Somnambule…
Rédigé par : Laurent | 07 mars 2010 à 01:26
Oui c'est bien ça ! Le rapport, le rapport, tu en demandes beaucoup, tout de même... :)
Rédigé par : palpatine | 15 mars 2010 à 11:55