Orchestre National de France, Daniele Gatti
Stravinsky : L’Oiseau de feu (suite)
Saint-Saëns : concerto pour violoncelle n° 1 (Tatjana Vassiljeva, violoncelle)
Chostakovitch : symphonie n° 5
À ceux qui prétendent que la musique n’est pas une expérience viscérale, je souhaite de connaître un jour la violente chair de poule qui a recouvert mon corps en moins d’une seconde lorsque Gatti a enfin relâché la tension accumulée dans le dernier mouvement de la symphonie de Chostakovitch pour laisser place à une explosion de ré majeur triomphant et lumineux. Il faut dire qu’il sait y faire, le bougre, et que l’orgasme aura été à la hauteur de l’attente, savamment dosée.
Très joli concert dans l’ensemble, même si j’ai dû lutter contre la fatigue de la semaine pour rester éveillé. (Je n’ai pas vu, du coup, le mouvement qui a, paraît-il, failli faire choir Gatti du podium.) Jouer L’Oiseau de feu en ouverture est une excellente idée — c’est une autre pièce dont l’apothéose peut conduire à des spasmes de plaisir. Quant au concerto de Saint-Saëns, ce fut pour moi une heureuse réunion avec une œuvre que j’écoutais beaucoup autrefois et que j’avais un peu oubliée — même si je n’écoute plus Saint-Saëns avec la même candeur depuis qu’un blogueur maléfique a attiré mon attention sur certaines caractéristiques de son écriture. Le violoncelle de Tatjana Vassiljeva produit un son étonnamment charnu ; dommage qu’on ait droit au Bach de rigueur en bis.
Quand Gatti fait saluer les pupitres les uns après les autres à la fin du concert, un spectateur manifestement enthousiasmé par le finale de la cinquième symphonie crie conscieusement “bravo !” à chaque fois… sauf pour les cors. Il doit y avoir un message…

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