Théâtre du Châtelet, Paris • 9.12.09 à 20h
La Mélodie du bonheur (1959). Musique : Richard Rodgers. Lyrics : Oscar Hammerstein II. Livret : Howard Lindsay et Russell Crouse.
Mise en scène : Emilio Sagi. Orchestre Pasdeloup, Kevin Farrell. Avec Sylvia Schwartz (Maria), Rod Gilfry (Captain von Trapp), Kim Criswell (The Mother Abbess), Carin Gilfry (Liesl), Laurent Alvaro (Max), James McOran-Campbell (Rolf), Christine Arand (Baroness Schraeder),…
Grâce à Jean-Luc Choplin, le public parisien peut enfin se confronter au répertoire de la comédie musicale, ce qui lui permet de rattraper une partie du retard accumulé par rapport à la quasi-totalité des autres capitales européennes. Que le Châtelet propose dans la même saison des œuvres aussi différentes et aussi passionnantes que The Sound of Music, A Little Night Music et Les Misérables me laisse sans voix. Quel chemin parcouru en quelques années !
Évidemment, on pourrait s’amuser à relever les petites imperfections de la réalisation : des voix dans l’ensemble très “lyriques” et manquant de légèreté, l’accent curieux de Laurent Alvaro, le jeu de Lee Delong, des tempos vraiment trop lents, un décor un peu rudimentaire qui impose des changements à vue vraiment pas heureux dans lesquels les comédiens déplacent eux-mêmes le mobilier,…
Mais on choisira plutôt d’insister sur la beauté de l’interprétation de l’Orchestre Pasdeloup, qui fait scintiller la partition de Richard Rodgers, et sur la qualité générale de l’interprétation des chansons, qui bénéficient grandement des capacités techniques des chanteurs. Dès les premiers instants de la représentation, on est sidéré par la beauté du “Preludium”, ce prologue polyphonique a cappella dans lequel Richard Rodgers s’illustre dans un répertoire inhabituel pour lui. Cette qualité technique d’interprétation se retrouve tout au long de la représentation… avec malheureusement une petite exception lorsque vient le tour de la pourtant talentueuse Kim Criswell, qui n’est pas le choix idéal pour interpréter le rôle de la Mère Supérieure. (On distribue généralement ce rôle à une voix d’opéra. Il y a un côté paradoxal à ce que cette production qui n’emploie presque que de telles voix ait fait une exception précisément pour le rôle qui en aurait le plus besoin.)
On est reconnaissant également à la production de ne pas avoir cherché à “coller” au film, qui a pas mal bouleversé l’ordre des chansons et pour lequel deux chansons nouvelles ont été écrites. C’est donc largement le spectacle original qui est présenté — et ça devrait être la seule façon de procéder. La seule concession au film — et il faut reconnaître qu’elle est tentante — a consisté à substituer la magnifique chanson “Something Good” à celle, intitulée “An Ordinary Couple”, qui se trouvait originellement à cet emplacement.
Sylvia Schwartz interprète le rôle de Maria avec un mélange de fraîcheur et de profondeur qui convient parfaitement au personnage. Elle trouve un partenaire idéal en Rod Gilfry, dont la belle voix de baryton est un bonheur à écouter.
Dans l’ensemble, cette production est vraiment de la belle ouvrage. Bravo au Châtelet.
M'est avis que Miss Kim Criswell voulait passer de nouvelles vacances de Noël à Paris! (Je plaisante!)
Beaucoup de choses m'ont plu dans cette première création française de SOM, mais, comme vous le dîtes, Miss Criswell "is wasted"!
A quand une production de "Call Me Madam!" avec la dame au châtelet?
... et que ce décor, fort original au début, devient lourd et froid! (C'est vrai: les montagnes autrichiennes ont souvent de la neige).Ah, ces énormes portes à ouvrir et fermer!
Froid aussi, à mon humble avis, est l'ensemble de cette production, une peu trop "opératique"...
Laurent Alvaro et Christine Arand, dans des rôles ingrats, sont fantastiques ... Très comédie musicale!
Miss Sylvia Schwartz a bien du charme, en plus de sa fort jolie voix, mais la mise en scène permet bien peu de spontanéité et de naturel au jeu des acteurs. J'aurais aimé plus de "vie" entre elles et les enfants. Tout est un peu compassé ...
Un peu déçu par Mr Gilfry, qui semblait s'ennuyer lors de la représentation à laquelle j'ai assisté; sa version de "Edelweiss", cependant, fut très émouvante.
Sa fille est bien talentueuse mais a plus l'âge de jouer "Maria" que "Liesl" à mon avis! (16 ans, mon oeil! LOL!)
Et puis il y a l'orchestre qui, comme vous l'exprimez, est sublime!
A voir et à revoir avant le 3 janvier 2010.
Rédigé par : François Monferran | 26 décembre 2009 à 00:58
> Rien à ajouter… si ce n’est que je ne me sens pas le cœur d’être trop exigeant avec les productions parisiennes, qui ont déjà le mérite d’exister.
Cela étant, j’ai beaucoup aimé la prestation de Rod Gilfry. Le rôle du Capitaine n’est pas un cadeau…
Rédigé par : Laurent | 26 décembre 2009 à 01:23