Musique et lyrics : Laurence O’Keefe et Nell Benjamin. Livret : Heather Hach, d’après le roman d’Amanda Brown et le film de la MGM.
Mise en scène et chorégraphie : Jerry Mitchell. Direction musicale : Matthew Brind. Avec Sheridan Smith (Elle Woods), Duncan James (Warner Huntington III), Alex Gaumond (Emmett Forrest), Jill Halfpenny (Paulette), Peter Davison (Professor Callahan)…
Bon, je dois faire amende honorable. J’étais ressorti consterné de la production originale de cette comédie musicale (inspirée d’un film de 2001 avec Reese Witherspoon) en juillet 2007 à Broadway, où le spectacle n’a finalement tenu à l’affiche qu’environ dix-huit mois avant de fermer ses portes. Eh bien, je suis ressorti de cette version londonienne bien plus convaincu.
Certes, la musique reste quelconque et les lyrics ne volent pas très haut. Mais, par un tour de passe-passe difficile à expliquer, cette production de taille plus réduite parvient à donner de la cohésion à ce qui est au fond une comédie légère qui assume assez bien la légèreté de son ton et qui avance en s’amusant, sans complexe et sans hésitation.
David Rockwell a reconçu son décor pour le Savoy Theatre, qui est infiniment plus petit que le Palace Theatre de New York, même si j’ai été impressionné par l’espace apparemment disponible de tous les côtés de la scène pour faire apparaître et disparaître une assez grande quantité de décors. Du coup, on est moins distrait par les métamorphoses permanentes du décor, qui était largement la vedette de la production de New York.
Et puis, je crois que les Anglais sont drôlement plus à l’aise avec le registre de la comédie légère. Sheridan Smith, qui joue le rôle principal et que j’avais déjà beaucoup appréciée dans Into the Woods au Donmar et dans Little Shop of Horrors à la Menier Chocolate Factory, est l’incarnation idéale de cette héroïne qui se révèle à la longue bien plus intéressante que ce que projette son image de blonde en robe rose bonbon.
Elle est entourée par une distribution particulièrement bien choisie, à l’exception peut-être de Peter Davison, qui est totalement incapable de chanter.
Il reste bien des passages un peu difficiles à avaler où l’humour devient un peu trop grossier à mon goût (je “bloque” toujours face à la chanson “Gay or European”, même si elle me semble avoir été allégée), mais je mentirais en prétendant ne pas avoir passé un bon moment avec beaucoup de rires (merci au concepteur du son d’avoir rendu chaque mot et chaque lyric parfaitement intelligible) et, même, quelques larmes.
Legally Blonde n'était pas une comédie musicale que j'avais forcément envie de voir mais un billet premium à £10 m'a vite fait changer d'avis.
J'ai été agréablement surprise même si ça fait un peu chansons faciles pour cibler les ados...
J'ai particulièrement apprécié les performances de Sheridan Smith et Jill Halfpenny (Paulette), très drôles et pleines d'émotion. Chapeau à cette dernière pour son interprétation de "Ireland"... :)
Rédigé par : Maragwondaleya | 14 décembre 2009 à 18:19
> Un casting presque parfait, en effet. Les producteurs ont pourtant de plus en plus de mal à résister à la tentation de confier les rôles principaux à des starlettes de télé-réalité qui n’ont aucun autre talent que leur popularité. (Duncan James a fait partie d’un boy band, mais au moins il sait jouer la comédie.)
Rédigé par : Laurent | 18 décembre 2009 à 01:27