Opéra de Tours • 31.12.09 à 20h
Maurice Yvain (1925). Livret et lyrics : André Barde.
Direction musicale : Emmanuel Trenque. Mise en scène : Jacques Duparc. Avec Catherine Dune (Gilberte Valandray), Jacques Duparc (Georges Valandray), Marie-Thérèse Keller (Arlette Poumaillac), Lionel Peintre (Eric Thomson), Sophie Haudebourg (Huguette Verberie), Régis Mengus (Charley), Sophie Baquet (Madame Foin), Jacques Lemaire (Faradel),…
Maurice Yvain est avec Henri Christiné l’un des géniteurs de la comédie musicale française d’entre les deux guerres. Leurs œuvres (Là-Haut, Ta Bouche, Yes! pour le premier, Phi-Phi, Dédé pour le second) prennent leurs distances avec l’opérette d’influence viennoise dont Offenbach est le porte-étendard pour créer un langage musical léger et nouveau, libéré de la valse car nourri par les rythmes de charleston, de ragtime et de fox-trot venus des États-Unis.
La rencontre avec quelques auteurs de talent comme Albert Willemetz ou André Barde donnera naissance à des livrets aux propos badins et faussement impertinents, en osmose parfaite avec la couleur de la musique.
C’est un grand mystère pour moi que ce répertoire ne soit pas mieux défendu par les maisons lyriques françaises… et un plus grand mystère encore que l’héritage spirituel et artistiques d’Yvain, Christiné, Willetz ou Barde n’ait pas inspiré des générations successives d’auteurs.
Il ne faut donc pas hésiter à tirer très bas son chapeau pour saluer l’initiative de l’Opéra de Tours, qui propose une version a priori assez complète de l’une des œuvres les plus connues d’Yvain, Pas sur la bouche (dont Alain Resnais a tiré un film assez délicieux mais ne donnant qu’un aperçu de la partition il y a quelques années). C’était déjà à Tours, si ma mémoire est bonne, qu’avait été montré l’un des chefs d’œuvre d’Yvain, Yes! Il me semble d’ailleurs que le décor de ce Pas sur la bouche possède quelques points communs avec celui de cette précédente production.
On pourrait s’apesantir sur les quelques défauts de la production, et surtout sur l’espèce de monument au cabotinage triomphant que semblent vouloir bâtir certains des comédiens/chanteurs. Mais on préférera se réjouir d’entendre dans d’aussi bonnes conditions une partition a priori peu coupée, servie avec sérieux par un orchestre complet et des chanteurs solides.
On va de moment de bonheur en moment de bonheur au fur et à mesure que la partition égrène ses bijoux et on ressort dans la nuit tourangelle la tête pleine de mélodies enchanteresses que l’on n’est pas près d’oublier.
On retrouve avec amusement le Charley de cette production, Régis Mengus, dans ce concert des Petits chanteurs à la croix de bois.
Les commentaires récents