Orchestre Philharmonique de Radio France, Myung-Whun Chung
Schubert : symphonie n° 8
Bruckner : symphonie n° 9
Je m’étais laissé convaincre par le programme, mais le concert m’aura au moins servi à me rappeler pourquoi j’évite généralement les concerts de Chung.
L’Inachevée de Schubert est à périr d’ennui, tant la conduite rigide et fridige de Chung contribue à la déposséder avec minutie et acharnement de tout ce qui pourrait contribuer, même de loin, à faire naître un soupçon d’émotion. Au passage, je suis sidéré par l’excellence technique de la plupart des pupitres de l’orchestre, qui parviennent à produire de superbes sons malgré l’étirement permanent que leur fait subir le chef au-delà du raisonnable.
Coup de chance : la neuvième de Bruckner résiste à cette maltraitance. Bien que la rigidité du tempo reste de mise, sabotant toute tentative d’expressivité, bien que les passages lents soient généralement trop lents, bien que les passages rapides soient généralement trop rapides, l’écriture de Bruckner est suffisamment à l’épreuve des balles pour qu’il subsiste quelques moments de bonheur.
Mais force est de constater que je n’ai pas beaucoup de chance ces derniers temps avec cette symphonie, que ce soit avec Haitink ou avec Mehta. Heureusement qu’il subsiste le souvenir de Järvi et, curieusement, dans une moindre mesure, celui d’Eschenbach.
Chung rassemble ses forces pendant les saluts pour essayer d’esquisser un semblant de sourire. Expérience manifestement complexe et douloureuse, qui se solde par un résultat peu convaincant.
Il y a beaucoup de scolaires installés à l’arrière-scène. Si ce concert est leur première occasion d’assister à un concert classique, je pense que la majorité va jeter l’éponge définitivement.
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