London Symphony Orchestra, Valery Gergiev
Ravel : Pavane pour une infante défunte
Stravinski : Jeu de cartes
Strauss : Concerto pour hautbois (Emanuel Abbühl, hautbois)
Debussy : Jeux
Ravel : Boléro
Il y eut deux sommets pendant ce concert, et pas nécessairement là où je les attendais.
Démarrer un concert avec la Pavane pour une infante défunte de Ravel relève d’une certaine inconscience tant les musiciens ont besoin de se “sentir” pour donner corps à cette musique si diaphane et si magique. Le défi est relevé haut la main : le LSO offre une lecture atmosphérique et envoûtante, à laquelle Gergiev donne une très belle épaisseur émotionnelle.
Le deuxième grand moment vint avec une interprétation éblouissante des Jeux de Debussy. On admire la capacité de l’orchestre à se plonger dans cette musique du mouvement et du geste ébauché, accompagnant magistralement chaque changement de couleur, chaque changement d’atmosphère. C’est bondissant, captivant et léger, d’une élégance infinie.
J’ai été moins convaincu par le Jeu de cartes de Stravinski qui, malgré quelques très jolis passages, ne portait pas l’électricité ressentie à Vienne dans l’interprétation des Wiener Philharmoniker sous la baguette de Daniele Gatti en mai dernier.
Le concerto de Strauss permet à l’excellent hautbois solo de l’orchestre, Emanuel Abbühl (que j’avais cité ici pour l’excellence de l’une de ses prestations), de se frotter à une partition redoutable et charmante. Abbühl a un son superbe et une technique irréprochable. On sent néanmoins une certaine nervosité.
Le Boléro, dont j’attendais beaucoup, est une relative déception. Dès les premières mesures, on sent que quelque chose est bancal… et les musiciens vont se refiler leur nervosité de pupitre en pupitre jusqu’à la fin. Neil Percy, qui officie à la caisse claire, a d’emblée du mal à équilibrer ses deux mains : du coup, le motif est tellement inégal que, dans les toutes premières mesures, certains battements ne sont pas audibles et je me demande s’il ne s’est pas trompé de motif rythmique. Curieusement, il ne se remettra jamais de cette situation et son battement restera irrégulier jusqu’à la fin. Lorsqu’il est doublé par un deuxième percussionniste pour les dernières mesures, les deux ne sont pas toujours parfaitement synchronisés. Je me rends compte qu’ils n’utilisent pas le même “doigté” et je me demande si c’est la cause des difficultés.
Coïncidence ou conséquence de ce démarrage bancal, presque chaque soliste connaît un mini pépin, à peine perceptible pour certains, mais suffisamment présent pour trahir la nervosité générale. Il faut arriver dans le dernier tiers pour que les tutti effacent le malaise et permettent à tous de se lâcher. La fin, bien entendu, est superbe.
pour moi, le concerto pour hautbois de strauss c'est juste une grosse bouffonnerie ennuyeuse...
Rédigé par : gvgvsse | 16 décembre 2009 à 00:43
> Ah, ça se laisse écouter avec un certain plaisir, pourtant. Pas d’une originalité folle, mais plutôt efficace…
Rédigé par : Laurent | 18 décembre 2009 à 01:13