Richard Wagner (1865)
Mahler Chamber Orchestra, Daniel Harding. Avec Waltraud Meier (Isolde), John Mac Master (Tristan), Michelle Breedt (Brangäne), Franz-Josef Selig (Marke), Michael Vier (Melot / Kurwenal).
Je me réjouissais vivement à l’idée d’entendre ce deuxième acte de Tristan und Isolde en concert, d’autant que je me trouvais en excellente compagnie, mais l’impression d’ensemble fut mitigée.
Bien qu’il dispose avec le Mahler Chamber Orchestra d’une phalange talentueuse, Daniel Harding semble peiner à trouver la bonne atmosphère. Les premières mesures sont pourtant prometteuses, mais la suite part un peu dans tous les sens et succombe au maniérisme et au sensationnalisme. Placé sur scène juste derrière les chanteurs, l’orchestre multiplie de surcroît les tutti assassins, obligeant des chanteurs déjà peu à l’aise à forcer leur voix au-delà du raisonnable.
Du coup, la pauvre Waltraud Meier est obligée de recourir à toutes les astuces de sa boîte à outils pour sortir les aigus héroïques d’Isolde. On sent la voix vraiment fatiguée dans l’aigu. Il faut tout le professionnalisme d’une chanteuse qui connaît le rôle sur le bout des ongles et qui vit son texte comme personne pour habiter quand même aussi joliment son personnage.
Grosse déception, en revanche, du côté du Tristan de John Mac Master. C’était Lance Ryan, un excellent ténor wagnérien, qui était annoncé dans le programme de la saison. Mac Master ne lui arrive pas au mollet et son inconfort était visible.
Très jolie performance de Franz-Josef Selig en Marke. Il est rare d’entendre une basse qui conserve autant de couleurs et de lyrisme dans le grave.
Bonsoir laurent et merci, je te retourne le compliment quant à l'excellence de la compagnie fort agréable en effet et notamment la complémentarité de ressenti de cette soirée.
Nous étions déjà dans la même lignée de réception de cette non-lecture de Tristan et de niveau d'interprétation des uns et des autres et je ne puis que me réinscrire dans tes propos.
J'ai assisté hier au soir à la seconde et dernière représentation de ce concert et suis sur le point de commencer la rédaction de mon compte-rendu qui ne sera pas, loin s'en faut, tendre du tout surtout vis-à-vis de Daniel harding à qui je pense décerner non pas un prix du flûtiau mais de quelque chose d'approchant que je vais créer à son attention, post-1800!
Il y a eu quelques différences notables, notamment un renforcement de la bonne impression des premières mesures et du prélude, un effort surhumain si l'on considère sa tessiture de Mime de la part de Mac Master et tu as eu une bonne intuition d'envisager quelques réajustements en coulisses quant aux effets dévastateurs de "tutti ma troppo", au sens littéralement inverse d'une inertie mortuaire..
Cela dit je garde les détails qui, je le crains, ne seront pas ragoûtants, pour mon billet. :)
Toutefois cela ne m'empêche nullement d'avoir hautement apprécié l'expérience de ce concert qui m'a permis certains recentrements à décliner quant à Wagner lui-même et le process narratif de son écriture.
Les erreurs de lecture permettent souvent d'y re-voir bien plus clair dans ce à quoi on ne pensait même plus tant cela paraissait évident et de soi.
Du reste, j'en suis d'autant plus ravie que dans les deux cas, heureusement et musicalement, j'étais fort bien accompagnée.. :)
Rédigé par: Ariana | 08 novembre 2009 à 18:40
> Comme d’habitude, le plaisir de ta lumineuse et pétillante compagnie fut superlatif.
Rédigé par: Laurent | 10 novembre 2009 à 03:00
J'aurais dû me douter que tu serais là. Je vais grommeler gentiment, mais tout de même, se plaindre de JMM, il faut avoir pris de mauvaises habitudes... Je ne vois pas beaucoup qui fassent mieux (voire pas du tout à vrai dire).
Moi aussi, cela dit, je n'ai pas été pleinement transporté (et j'ai trouvé Meier en bonne forme, les aigus exposés passaient bien), peut-être à cause d'un petit manque d'abandon du tout. Ca faisait très concert, précisément.
Rédigé par: DavidLeMarrec | 12 novembre 2009 à 18:49
> Ouais… Tu as vu la même représentation que moi ? Parce que Mac Master a eu l’air de faire l’unanimité, en tout cas autour de moi.
(Bon, c’est vrai que je suis peut-être un peu difficile…)
Rédigé par: Laurent | 14 novembre 2009 à 22:37