Avery Fisher Hall, New York • 19.11.09 à 10h
New York Philharmonic, Riccardo Muti
Liszt : poème symphonique Les Préludes
Elgar : In the South (Alassio)
Prokofiev : Roméo et Juliette, extraits
Les orchestres américains ont la bonne idée d’ouvrir certaines répétitions au public ; l’expérience est toujours passionnante.
Regarder Muti au travail avec l’orchestre est absolument fascinant. Bien sûr, il évolue sur du velours avec un orchestre aussi bien préparé. Mais, justement, cela lui permet de faire quelques ajustements subtils qui, pour certains, modifient totalement la perception que l’on a de l’œuvre. Les musiciens ne s’y trompent pas, qui manifestent de temps en temps leur appréciation du travail réalisé. L’effort que Muti demande avec insistance aux premiers violons sur un trait de Roméo et Juliette finit par transformer un passage qui avait l’air un peu mécanique et décousu en une mélopée saisissante : tout l’orchestre applaudit, subjugué.
C’est dans Les Préludes que le travail réalisé est le plus impressionnant. Muti façonne peu à peu une interprétation d’une poésie infinie, assez en demi-teinte par rapport aux approches habituelles (et notamment par rapport à l’enregistrement que Muti lui-même en a réalisé avec l’Orchestre de Philadelphie). Je suis ému aux larmes plusieurs fois devant la rencontre d’une aussi belle sensibilité collective et d’une vision réellement porteuse de beauté.
Le personnage de Muti est savoureux. Avec son pull en angora couleur framboise écrasée, il danse, gesticule, s’amuse et amuse… et il ne peut pas s’empêcher de se retourner vers le public pour raconter quelques histoires. “Vous connaissez Alassio ? Non ? Allez-y, c’est magnifique ! Pour Elgar, c’était dans le sud, mais pour moi, c’est dans le nord.”
Je suis obligé de m’éclipser pendant Roméo et Juliette, un peu avant la mort de Tybalt. Dommage, j’en aurais bien profité encore un peu…
on est jamais obligé si?
Rédigé par : gvgvsse | 21 novembre 2009 à 01:00
> C’est pas faux… mais je voulais éviter d’être en retard au spectacle suivant, qui n’était pas exactement la porte à côté.
Rédigé par : Laurent | 21 novembre 2009 à 01:06