KKL, Lucerne • 13.9.09 à 18h30
Chicago Symphony Orchestra, Bernard Haitink
Mozart : symphonie n° 41, “Jupiter”
Chostakovitch : symphonie n° 15
Bonne nouvelle : Haitink se déplace à nouveau sans canne, même s’il éprouve encore visiblement quelques difficultés à marcher et s’il dirige une partie du concert assis sur un tabouret placé sur le podium.
La symphonie “Jupiter” est impeccable mais nettement trop lisse à mon goût. (Elle sera au programme du premier des deux concerts du CSO à Pleyel, le 20 septembre prochain.)
La quinzième symphonie de Chostakovitch figure manifestement parmi les œuvres fétiches de Haitink car c’est la troisième fois que je le vois la diriger, chaque fois à la tête d’un orchestre différent. La première fois, c’était avec le LSO, à Londres, en janvier 2006 ; la deuxième fois, avec l’ONF, à Paris, en décembre 2006. (Et il y aura, si tout va bien, une quatrième fois avec un orchestre différent et dans une ville différente au mois de mars prochain.)
Je suis toujours aussi fasciné par cette étrange symphonie, qui semble regarder à la fois vers le passé (la citation de Rossini, les auto-citations) et vers un avenir bizarre et incertain (le thème du Destin de la Tétralogie, l’atmosphère lunaire du quatrième mouvement). Elle permet à une bonne partie des solistes de l’orchestre de briller à tour de rôle. Le violoncelliste solo est particulièrement remarquable dans le deuxième mouvement. Le trompettiste, en revanche, connaît plusieurs loupés. Dans le quatrième mouvement, Haitink s’approche de la limite du supportable avec son interprétation très en demi-teinte et très lente.
C’est encore un très joli moment dans l’ensemble, mais je ne suis pas tout à fait aussi enthousiasmé que par la récente interprétation de Gergiev à Baden-Baden.
Je ne sais si le clin d’œil est voulu, mais jouer en Suisse une symphonie qui cite plusieurs fois l’ouverture du Guillaume Tell de Rossini dans son premier mouvement me semble plutôt amusant.
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