Opéra Berlioz, Montpellier • 31.7.09 à 21h
Franz Lehár (1928), livret de Ludwig Herzer et Fritz Löhner-Beda
Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon, Lawrence Foster. Avec Nicola Beller Carbone (Friederike), Marius Brenciu (Goethe), Yves Saelens (Lenz), Mirjam Neururer (Salomea)…
Belle idée de la part du Festival de Montpellier que de proposer en deuxième partie de cette soirée de clôture une version concert de ce singspiel rarement entendu du génial Franz Lehár (et dont, par coïncidence, un enregistrement a priori alléchant — avec Klaus Florian Vogt en Goethe — est annoncé chez CPO dans quelques jours). Les dialogues ont été supprimés et remplacés par un récit ânonné sans beaucoup d’inspiration par une comédienne dont le programme de salle choisit sagement d’omettre le nom.
La partition de Lehár est d’une impressionnante richesse mélodique et elle reste le plus souvent dans le registre de la ballade, même si la valse et la polka font de discrètes mais remarquées apparitions. Le grand air de tristesse de l’héroïne dans le deuxième acte, “Warum hast du mich wachgeküsst?”, est une petite merveille, à la fois pour son invention mélodique et pour le somptueux accompagnement orchestral en secondes descendantes, d’une tristesse infinie. (Il a d’ailleurs été enregistré par Barbara Hendricks sur son CD d’airs d’opérettes, avec… un certain Lawrence Foster. La version anglaise, “Why Did You Kiss My Heart Awake?”, est très présente sur les anthologies d’opérette.)
Interprétation très honnête dans l’ensemble, quoique le pauvre Marius Brenciu (déjà aperçu en Lenski dans un Eugène Onéguine bien peu convaincant) glace régulièrement les sangs des spectateurs avec ses aigus mal assurés. Lawrence Foster et l’Orchestre National de Montpellier réservent des égards immenses à la partition — peut-être un peu trop, d’ailleurs, par moments : la polka en perdrait presque sa charmante rusticité.

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