Royal Albert Hall, Londres • 28.6.09 à 14h30
Musique : Richard Rodgers (1951). Livret et lyrics : Oscar Hammerstein II. D’après le roman Anna and the King of Siam, de Margaret Landon.
Le duo Richard Rodgers / Oscar Hammerstein II a légué au répertoire de la comédie musicale au moins cinq chefs d’œuvre : Oklahoma! (1943), Carousel (1945), South Pacific (1949), The King and I (1951) et The Sound of Music (1959). The King and I s’inspire d’un roman de Margaret Landon publié en 1944, lui-même écrit à partir des mémoires d’une préceptrice britannique, Anna Leonowens, qui fut engagée par le Roi Mongkut de Thaïlande dans les années 1860 pour apprendre l’anglais à ses enfants. Les ingrédients hautement romanesques — exotisme du royaume de Siam, choc des cultures, ébauche d’un amour évidemment impossible entre le Roi et Anna — firent du roman de Landon un succès immédiat… sauf en Thaïlande, où le livre resta longtemps interdit.
L’adaptation en comédie musicale, créée en 1951, ne tint l’affiche que trois ans, mais elle possède un statut un peu mythique, en partie en raison de l’extraordinaire chorégraphie de Jerome Robbins, mais aussi en raison d’une distribution qui rassemblait un légende, Gertrude Lawrence, et une future légende, Yul Brinner. C’est Lawrence qui eut l’idée d’adapter l’histoire d’Anna Leonowens en comédie musicale ; elle ne se tourna vers Rodgers et Hammerstein qu’après que Cole Porter eut refusé la proposition ; malheureusement, sa santé se détériora rapidement et elle manqua de nombreuses représentations avant de mourir en septembre 1952.
C’est, du coup, Deborah Kerr qui tient le rôle principal dans l’adaptation cinématographique de la comédie musicale, réalisée en 1956. (Comme il était de coutume à l’époque, c’est l’incontournable Marni Nixon qui double Kerr dans les chansons.)
Les productions de The King and I ne sont pas si fréquentes et je n’avais, sauf erreur, pas revu de production de l’œuvre depuis la dernière grande reprise présentée à New York puis à Londres à la fin des années 1990 et au début des années 2000. C’est donc avec un certain plaisir que j’ai profité de la série limitée de représentations donnée au Royal Albert Hall en ce début d’été avec la remarquable Maria Friedman dans le rôle d’Anna et un comédien apparemment connu pour sa carrière télévisuelle, Daniel Dae Kim, dans le rôle du Roi.
Le Royal Albert Hall n’est pas très adapté à des productions théâtrales. Les contraintes, du coup, sont nombreuses ; la quantité de réverbération à elle seule représente un sacré défi pour un ingénieur du son. Difficile en tout état de cause de créer de l’émotion dans un espace aussi vaste et aussi caverneux.
Ces obstacles sont partiellement contournés lorsqu’il s’agit d’interpréter une partition aussi belle et, surtout, lorsque l’orchestre qui l’interprète n’est autre que le Royal Philharmonic Orchestra au grand complet, dirigé par l’excellent Gareth Valentine. On se trouve bien des compensations dans la richesse de la partition tissée par le plus génial des orchestrateurs de Broadway, Robert Russell Bennett.
La beauté de la musique, quelques visuels assez réussis, le talent et l’implication des interprètes (malgré quelques faiblesse du côté d’un Daniel Dae Kim qui n’est pas sur son terrain de jeu habituel), l’émotion due au fait qu’il s’agit de la dernière représentation se combinent pour créer malgré tout un spectacle plaisant et émouvant.
The Bottom Line: The cavernous Royal Albert Hall is definitely the wrong place to put on a musical. However, it is a delight to be able to hear Rodgers’ score interpreted by a full-size orchestra, the excellent Royal Philharmonic Orchestra under the baton of musical director extraordinaire Gareth Valentine. Although the size of the hall makes it difficult to establish any kind of emotional connection with the proceedings, Maria Friedman somehow manages to portray a touching Miss Anna. Her co-star, unfortunately, doesn't have a stage presence to match hers. There are more great performances in the supporting cast and the overall experience isn't that unpleasant after all.
Commentaires