Théâtre des Champs-Élysées, Paris • 22.6.09 à 20h
Wiener Philharmoniker, Daniel Harding
Weber : Der Freischütz, ouverture
Takemitsu : Mort et Résurrection
Mendelssohn : Le Songe d’une nuit d’été (quatre mouvements)
Brahms : symphonie n°2
Je n’étais pas enchanté d’apprendre que Daniel Harding remplaçait au débotté un Seiji Ozawa opéré d’urgence… et le concert m’a malheureusement donné raison. À part dans un concert très atypique, je n’ai jamais bien compris ce qu’on trouvait à Harding, dont la direction n’est pas très inspirante et dont la vision musicale semble se réduire à une succession de contrastes dynamiques ou à des variations de tempo plus ou moins compréhensibles.
Malheureusement, à la tête d’un Orchestre Philharmonique de Vienne dont la subtilité n’est pas forcément la tendance la plus naturelle, le résultat verse régulièrement dans le pompiérisme. À la limite, c’est acceptable dans l’ouverture du Freischütz, qui y trouve un peu de caractère dont elle a bien besoin, mais dans Le Songe d’une nuit d’été ou, plus encore, dans la symphonie de Brahms, on dépasse régulièrement la frontière du mauvais goût. Il n’y a pas beaucoup de musique dans cette tempête de notes débridée et dénuée de vision.
On a droit cependant à un petit moment de grâce avec la belle pièce de Takemitsu. L’interprétation manque de poésie et de retenue, mais le galbe et l’homogénéité des cordes des Philharmoniker sont fascinants.
En bis, une Valse triste qui fait partie des bis habituels de l’Orchestre, mais que la direction de Harding dépouille d’une bonne partie de son charme.
Ça y est, la violoniste repérée au premier rang lors d’un récent concert à Vienne a accédé au premier pupitre ! La révolution viennoise s’amplifie…
La violoniste, vous pouvez la nommer, c'est
Albena Danailova.
Rédigé par: Philippe | 23 juin 2009 à 19:23
t es sur que c'etait pas la chanson de solveig?
Rédigé par: gvgvsse | 23 juin 2009 à 23:52
gvgvsse > Oui, certain, cette fois.
Philippe > Merci, j’ai été trop paresseux (bien qu’ayant dépensé cinq euros pour acheter le programme…)
Rédigé par: Laurent | 24 juin 2009 à 01:59
Bonjour !
Harding m'avait bien convaincu il y a peu avec la Staatskapelle de Dresde, où le Freischütz sonnait d'ailleurs beaucoup mieux !
Pendant la Marche Nuptiale de Mendelssohn, je croyais que c'était le mariage de Fafner qui était célébré :( Vraiment bourrins !
Brahms était tout plat, un peu plus de relief vers la fin mais bon, pour un orchestre de cette réputation, c'est pas génial !
Les trois concerts de cette saison m'ont décu :
- un Haydn sans malice suivi d'une neuvième de Bruckner lourde et plate ;
- du Sibelius façon Hard-Rock / Heavy-Métal (musique que je ne réprouve pas, mais qui n'est pas tellement dans le sujet !) ;
- du Mendelssohn pesant (un comble !) et du Brahms lourdingue.
J'espère que Thielemann et Maazel sauront mener l'orchestre à mieux la saison prochaine !
Rédigé par: Abnegor | 24 juin 2009 à 17:25
> Bonjour Abnegor et merci pour ces commentaires. On est à peu près d’accord sur les deux autres concerts (voir ici pour Mehta et là pour Gergiev). J’ai malheureusement loupé le concert avec Dresde, pour lequel j’avais pourtant un billet.
C’est finalement assez fascinant de voir à quel point cet orchestre dépend du pouvoir que son chef exerce sur lui. J’ai été très impressionné par exemple par un récent concert dirigé par Gatti à Vienne.
Rédigé par: Laurent | 25 juin 2009 à 00:23