Salle Pleyel, Paris • 26.6.09 à 20h
Orchestre Philharmonique de Radio-France, Gustavo Dudamel
Korngold : concerto pour violon (Renaud Capuçon, violon)
Mahler : symphonie n°1
Quelle chance d’entendre le trop rare concerto de Korngold, que l’interprétation élégiaque de Renaud Capuçon porte à des sommets d’élégance… sans compter une très impressionnante maîtrise technique. Dommage que Capuçon nous serve un bis sans beaucoup d’intérêt, dont la seule vertu est de mettre en exergue la joliesse de son son.
L’Orchestre Philharmonique de Radio-France est associé dans ma mémoire à l’une des pires interprétations de la première symphonie de Mahler que j’aie entendues. C’était au Théâtre des Champs-Élysées (me semble-t-il), sous la baguette de Myung Wun Chung, dans le cadre d’une intégrale… et c’était tellement mauvais qu’après une deuxième expérience ratée avec la deuxième symphonie, j’avais arrêté d’assister aux concerts pour lesquels j’avais pourtant acheté des billets. Je me souviens très bien du mot qui m’avait obsédé pendant tout le concert : frigide.
Le balancier pourrait difficilement partir plus loin dans la direction opposée avec la sublime version proposée par Gustavo Dudamel qui, malgré quelques petites imperfections techniques sans importance, se place directement en tête des interprétations entendues en concert, chassant ainsi de la première place une magnifique version entendue à Carnegie Hall avec Christoph Eschenbach et le Philadelphia Orchestra.
Ce qui rend l’interprétation de Dudamel si exquise, c’est un sens supérieur du récit, qui tient littéralement en haleine de la première à la dernière mesure. Il obtient de l’orchestre un niveau d’implication étonnant qui produit une variété impressionnante de couleurs et d’atmosphères avec des passages d’une rondeur et d’un lyrisme somptueux qui alternent avec des pages plus introspectives mais toujours portées par une tension jamais relâchée… sauf dans les dernières mesures, où l’explosion finale, spectaculaire et orgastique, ne peut que prendre à la gorge.
Il se passait quelque chose de l’ordre de la magie entre le chef et l’orchestre tant l’entente était parfaite. Je n’ai jamais vu un orchestre regarder aussi intensément son chef… et, du coup, le suivre en confiance partout où il a voulu les conduire, avec une totale assurance.
Il ne faut pas longtemps pour qu’une bonne partie du public se lève pour acclamer le chef qui, trop modeste, ne viendra jamais saluer sur le podium, insistant pour saluer au milieu de l’orchestre, manifestement conquis. Heureux Angelenos, qui l’accueillent à la tête de leur Orchestre la saison prochaine.
dans un dvd récement paru, il y a un long documentaire tourné a salzbourg ou dudamel explique son interpretation de la premiere.
Rédigé par : gvgvsse | 27 juin 2009 à 11:39
> Tu te souviens comment ça s'appelle ? C'est un enregistrement de la première ?
J'avoue que je considérais Dudamel comme un chef sympathique et bourré d'énergie, pas forcément comme quelqu'un capable de rendre la Titan aussi fascinante d'un bout à l'autre... Il y a un solide travail de conception derrière son interprétation...
Rédigé par : Laurent | 27 juin 2009 à 11:56
c'est le dvd live de salzbourg 2008 avec les tableaux et le triple. dudamel/argerich/capucon's
Rédigé par : gvgvsse | 28 juin 2009 à 10:11
amusant ce que tu disais du concerto de korngold il y a dix huit mois :)
http://blog.parisbroadway.com/2007/10/concert-3.html
merci palpatine :)
Rédigé par : gvgvsse | 28 juin 2009 à 10:37
> Ça montre qu'une très bonne interprétation peut faire une sacrée différence.... Aïche vs. Capuçon, il n'y a pas vraiment photo...
Rédigé par : Laurent | 28 juin 2009 à 13:04
ca montre aussi qu'on peut changer d'avis :)
Rédigé par : gvgvsse | 28 juin 2009 à 15:51
Ayant suivi pendant une décennie et demie les concerts de Sergio Celebidache à Munich où il était devenu notre gourou musicale, cette interprétation du Titan le 26 juin à la Salle Pleyel nous a complètement bouleversé : Dudamel - « L’Anti-Celibidache » total ! Et quand même fascinant et enthousiasmant.
Rédigé par : B&B | 28 juin 2009 à 17:31
amusant... d'autant plus que celibidache détestait mahler!
Rédigé par : gvgvsse | 29 juin 2009 à 19:54
Je vais (enfin) voir Dudamel pour le première fois l'automne prochain. Plus je lis de critiques et plus j'ai hâte !
Rédigé par : klari | 30 juin 2009 à 14:47
> Avec “son” orchestre du Venezuela, ça risque d’être assez différent. Ce ne sont pas les meilleurs musiciens du monde, mais leur énergie collective et le plaisir qu’ils prennent à jouer sont assez communicatifs.
Rédigé par : Laurent | 01 juillet 2009 à 00:21