Salle Pleyel, Paris • 24.6.09 à 20h
Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, Ingo Metzmacher
Debussy : La Mer
Wagner : Prélude et Mort d’Isolde (Waltraud Meier, soprano)
Mahler : Adagio de la symphonie n°10
Strauss : Quatre Derniers Lieder
Il est rare que les remplacements de dernière minute soient source d’excitation, mais c’est le cas lorsque Waltraud Meier remplace Deborah Voigt (dont des rumeurs disent qu’elle est sur le point d’annuler aussi sa Tosca de Londres) dans un tel programme.
Meier est en terrain connu lorsqu’elle chante la mort d’Isolde : la profondeur de l’interprétation, toute en intensité et en retenue tragique, n’en est que plus remarquable, même si les montées dans l’aigu sont un peu laborieuses et si Metzmacher n’est pas très bon camarade lorsqu’il déchaîne l’orchestre sans retenue dans les tutti. Mais qu’importe lorsqu’une interprète est à ce point capable de s’approprier l’espace dramatique.
Les Quatre Derniers Lieder sont un cran en-dessous, mais restent d’une élégance suprême. Metzmacher attaque le premier lied un peu vite à mon goût, ce qui ne laisse guère le temps à Meier de “poser” son interprétation. Je ne trouve pas la voix idéalement adaptée à une pièce qui met beaucoup l’aigu à contribution.
Très belle performance de l’orchestre sur le plan technique, mais il manque de la poésie et du rêve dans une Mer un peu mécanique. Je fais, du coup, quelques allers-retours du côté de chez Morphée pour voir si Debussy y est. Prestation beaucoup plus convaincante dans l’Adagio de Mahler, qui m’a rarement autant captivé.
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