Palau de les Arts Reina Sofía, Valence • 30.5.09 à 19h
Le Crépuscule des dieux, Richard Wagner (1876)
Orquestra de la Comunitat Valenciana, Zubin Mehta. Mise en scène : Carlus Padrissa pour La Fura dels Baus. Créations vidéo : Franc Aleu. Avec Lance Ryan (Siegfried), Jennifer Wilson (Brünnhilde), Ralf Lukas (Gunther), Elisabete Matos (Gutrune), Matti Salminen (Hagen), Franz-Josef Kapellmann (Alberich), Catherine Wyn-Rogers (Waltraute), Daniela Denschlag, Pilar Vázquez, Eugenia Bethencourt (les Nornes), Silvia Vázquez, Ann-Katrin Naidu, Marina Prudenskaya (les Filles du Rhin).
Et voici donc la conclusion de ce Ring dont j’avais vu Das Rheingold à Florence il y a deux ans et Siegfried dans ce même Palau de les Arts l’année dernière (impossible, malheureusement, de caser Die Walküre).
L’univers visuel original et décalé créé par les artistes de La Fura dels Baus continue à servir de cadre à ce dénouement. C’est, globalement, l’émerveillement qui domine, même si certains choix de mise en scène peuvent sembler assez cryptiques. On imagine que la longueur de l’œuvre a dû venir quelque peu à bout de la créativité des artistes catalans, qui en viennent parfois à des expédients qui sentent plus la lassitude que l’originalité créatrice (des visuels recyclés, plusieurs “retournements de décor” peu compréhensibles).
Musicalement, la représentation est de très bon niveau. Dans la fosse, d’abord, on n’est pas loin du sans faute. Les musiciens valenciens, tous pupitres confondus, restent remarquables jusqu’à la dernière minute. Zubin Mehta se rachète d’un mauvais souvenir récent en conduisant tout ce petit monde de manière dynamique, sans tomber dans le flegmatisme qu’on lui connaît parfois. Il néglige cependant un peu trop de s’assurer la bonne synchronisation entre scène et fosse, ce qui enlève un peu de force à certains passages.
Sur la scène, on atteint des sommets, surtout par comparaison à mon dernier Crépuscule. Quel bonheur d’entendre un Siegfried qui chante toutes ses notes, de la première à la dernière mesure ! Le style n’est peut-être pas totalement irréprochable, mais Lance Ryan confirme la très bonne impression qu’il m’avait faite à Gand. La Brünnhilde de Jennifer Wilson s’en tire également fort bien, même si les aigus sortent moins naturellement que l’année dernière sur cette même scène. Et puis il y a quelque chose de réjouissant à voir une Brünnhilde obèse dans la plus pure tradition, engoncée dans un costume mauve pas très subtil dont la poitrine lorgne du côté de Jean-Paul Gaultier. Matti Salminen, vu récemment en Hunding à Zurich, confirme le pouvoir enchanteur de sa riche voix grave.
Malgré l’immense faux pas du metteur en scène consistant à restreindre la visibilité de son dénouement visuel à une petite moitié du public (dont je faisais heureusement partie), ce Götterdämmerung marque une conclusion tout à fait honnête à un cycle de bonne qualité. Entre le récent Ring du Met et celui-ci, on n’hésite pas longtemps…
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