Metropolitan Opera, New York • 2.5.09 à 18h
Richard Wagner (1876)
Direction musicale : James Levine. Mise en scène : Otto Schenk. Avec Christian Franz (Siegfried), Katarina Dalayman (Brünnhilde), John Tomlinson (Hagen), Iain Paterson (Gunther), Margaret Jane Wray (Gutrune), Tom Fox (Alberich), Yvonne Naef (Waltraute), Wendy White, Elizabeth Bishop, Wendy Bryn Harmer (les Nornes), Lisette Oropesa, Kate Lindsey, Tamara Mumford (les Filles du Rhin).
Un dernier épisode qui résume finalement assez bien les forces et les faiblesses de ce Ring.
James Levine attaque à nouveau très lent et sans relief, comme pour éviter de démarrer le marathon trop vite, ce qui rend le chant des Nornes particulièrement léthargique, alors que c’est une très belle page de musique, pleine de profondeur et de gravité. Son interprétation rend le premier acte vraiment plat. Je n’ai jamais aussi peu accroché au “Voyage de Siegfried sur le Rhin”. Le lever de rideau du deuxième acte — le sublime “Schläfst du, Hagen, mein Sohn” d’Alberich — passe totalement inaperçu par manque de couleur et d’accentuation. Heureusement, Levine se réveille progressivement et il est complètement sorti de sa torpeur quand vient le moment d’attaquer la Marche funèbre.
La distribution est décidément décevante. Parmi les rôles principaux, seule la Brünnhilde de Katarina Dalayman et les Gunther et Gutrune de Iain Paterson et Margaret Jane Wray tirent à peu près leur épingle du jeu. Pour le reste, on est consterné de voir Christian Franz s’attirer les acclamations du public avec une interprétation dans laquelle ne doit subsister à tout casser que 30% de la musique écrite pour son personnage. Les refus d’obstacle dans l’aigu sont presque systématiques — les trois reprises de la chanson de l’oiseau que Siegfried entonne avant de mourir, par exemple, sont dignes de figurer dans une anthologie tellement la mélodie est absente.
Malheureusement, John Tomlinson a l’air lui aussi bien fatigué et le magnifique rôle de Hagen en souffre beaucoup. Il y a encore de la réserve dans le médium et dans le grave, mais les aigus sont plus que poussifs. Paradoxalement, c’est le chœur qui, de loin, donne la meilleure performance : c’est presque un soulagement, au milieu de toutes ses approximations, d’entendre des voix aussi pleines, aussi assurées, aussi vaillantes.
La mise en scène d’Otto Schenk ne déçoit pas. La scène finale est très réussie sur le plan visuel et elle réalise l’exploit de suivre presque parfaitement les didascalies du livret : Brünnhilde enflamme le bûcher sur lequel repose la dépouille mortelle de Siegfried et se jette elle-même dans les flammes ; le palais des Gibichung s’effondre ; les filles du Rhin récupèrent l’Anneau et entraînent Hagen dans les flots où il se noie ; au loin, on voit Valhalla en flammes. Rideau.
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