Konzerthaus, Vienne • 17.5.09 à 11h
Wiener Philharmoniker, Daniele Gatti
Rossini : ouverture de Il barbiere di Siviglia (1815)
Stravinski : Jeu de cartes, ballet en trois donnes (1936)
Previn : concerto pour harpe et orchestre (Xavier de Maistre, harpe) (2008)
Mendelssohn : symphonie n°4 (1833)
Un de ces concerts absolument somptueux, où tout semble s’agencer de manière idéale. On sent entre l’Orchestre Philharmonique de Vienne et Daniele Gatti une complicité très supérieure à celle qui a eu le temps de s’installer entre le chef italien et l’ONF. Toutes les intentions de Gatti, pourtant exprimées avec une certaine économie, trouvent un écho immédiat dans le jeu de l’orchestre : c’est d’autant plus fascinant que l’orchestre, manifestement, est particulièrement à l’aise avec l’acoustique du Konzerthaus, qui lui permet de produire un son incroyablement luxueux.
L’ouverture du Barbier — jouée d’emblée avec une précision et un raffinement frappants — n’est pas qu’un bouche-trou. Le thème principal est en effet cité par Stravinski dans cet étonnant Jeu de cartes que, sauf erreur, je n’avais jamais entendu et auquel l’orchestre donne un caractère fou, sous la conduite vraiment inspirée d’un Gatti en pleine forme.
Xavier de Maistre, qui tient d’habitude le premier (sauf erreur) pupitre de harpe de l’orchestre — et qui mène par ailleurs une carrière internationale de soliste —, est sorti du rang le temps de ce concert pour interpréter le concerto pour harpe d’André Previn. C’est une œuvre hétéroclite, tantôt d’un romantisme débridé, tantôt lorgnant vers Stravinski (ce qui contribue encore à l’homogénéité du programme), tantôt évoquant carrément la musique de film. De Maistre propose une interprétation incisive et maîtrisée, à mille lieux de la vision éthérée que l’on a parfois de son instrument. Je suis également conquis par l’interprétation totalement engagée de l’orchestre qui, contrairement à d’autres formations que j’ai pu entendre, ne semble pas porter de jugement sur l’œuvre en lui donnant toutes les couleurs et tout le relief dont il se sent capable.
On finit en beauté avec une symphonie “italienne” que Gatti transforme aussi en une très belle expérience musicale, pleine de contrastes et de lumière.
Et il y a une femme à côté du Konzertmeister ! Les Philharmoniker seraient-ils enfin en train d’évoluer ?
Hum. Tu es bien sûr qu'il ne s'agissait pas d'un homme aux cheveux longs en robe ??
Rédigé par : klari | 25 mai 2009 à 10:56
> Si c’est le cas, le numéro était bien répété car ils se sont fait la bise avec le Konzertmeister à la fin au lieu de se serrer virilement la main comme à tous les autres pupitres :-)
Rédigé par : Laurent | 27 mai 2009 à 01:41
Quel perfectionnisme !
Rédigé par : klari | 02 juin 2009 à 12:14