Metropolitan Opera, New York • 30.4.09 à 18h
Richard Wagner (1876)
Direction musicale : James Levine. Mise en scène : Otto Schenk. Avec Christian Franz (Siegfried), Albert Dohmen (Wotan), Linda Watson (Brünnhilde), Robert Brubaker (Mime), Tom Fox (Alberich), John Tomlinson (Fafner), Wendy White (Erda), Lisette Oropesa (l’Oiseau de la forêt).
Je suis le premier étonné d’avoir autant accroché à celui des quatre opéras de la Tétralogie qui me donne toujours le plus de fil à retordre.
Et pourtant, les conditions n’étaient pas favorables puisqu’il a fallu, comme à Toronto en 2006, supporter le Siegfried épouvantable de Christian Franz, dont je ne comprends vraiment pas ce qu’il fait sur la scène du Met. Une fois sur deux, il ne tente même pas vraiment de sortir ses aigus, usant de tous les stratagèmes du métier (à commencer par le “cri” sensé traduire une émotion forte) pour les éviter. Quand il y va, c’est toujours en prenant son élan deux mesures avant… et il ne sort en général qu’un son étranglé, complètement blanc, qui suscite plus la pitié que l’admiration.
Pour le reste, on est conquis. James Levine a mangé du cheval : à part quelques rares passages, il donne un relief fou à la partition, qui prend de véritables allures épiques. Sur scène, Albert Dohmen est un Wanderer absolument splendide. Le Mime de Robert Brubaker et l’Alberich de Tom Fox s’investissent de manière remarquable sur le plan dramatique. Très très belle prestation (sonorisée) de John Tomlinson en Fafner. On a changé de Brünnhilde, mais c’est un peu kif-kif bourricot avec Linda Watson, qui est tout juste correcte, avec des aigus un peu poussifs.
Je ne m’attendais pas à réagir aussi positivement à la mise en scène d’Otto Schenk, qui me surprend agréablement à chaque nouvelle étape. Au risque de me répéter, c’est la première fois depuis bien longtemps que je vois une mise en scène sans le moindre clash entre le texte et ce que l’on voit sur scène. Et les visuels, que l’on aime ou non leur côté gravure ancienne, sont relativement somptueux. J’ai été abasourdi et enchanté par le changement à vue qui se produit vers le milieu du troisième acte lorsque Siegfried quitte Wotan qui lui barrait le chemin pour monter au sommet de la montagne retrouver Brünnhilde : c’est du très très joli théâtre.
Commentaires