Nederlander Theatre, New York • 21.3.09 à 14h
Musique et lyrics : Frank Loesser. Livret : Jo Swerling et Abe Burrows, d’après les nouvelles de Damyon Runyon.
Mise en scène : Des McAnuff. Chorégraphie : Sergio Trujillo. Direction musicale : Ted Sperling. Avec Oliver Platt (Nathan Detroit), Lauren Graham (Adelaide), Craig Bierko (Sky Masterson), Kate Jennings Grant (Sarah Brown), Tituss Burgess (Nicely-Nicely Johnson), Glenn Fleshler (Big Jule), Adam LeFevre (Brannigan), Jim Ortlieb (Arvide Abernathy), Steve Rosen (Benny Southstreet), Mary Testa (General Cartwright)…
Une semaine tout juste après la très jolie production du Volksoper de Vienne, me voici donc à Broadway pour y voir la reprise de Guys and Dolls, qui vient d’ouvrir ses portes — la première a eu lieu le 1er mars. L’occasion aussi de pénétrer pour la première fois dans le Nederlander Theatre, l’un des rares théâtres de Broadway où je n’étais encore jamais allé puisqu’il a été occupé pendant plus de douze ans par la comédie musicale Rent, que je n’avais nullement envie de voir (une fois à Londres m’a suffi) et qui a fini par fermer boutique en septembre dernier.
Je suis arrivé avec un mauvais pressentiment : la critique n’a pas été tendre — au point que j’ai craint que la pièce ne ferme ses portes avant ma visite — et l’orchestre ne compte que 17 musiciens, un effectif à des années-lumières de celui du Volksoper. Puis j’ai passé la représentation à me demander ce qui avait pu autant déplaire aux critiques.
Car on retrouve bien le monde interlope et coloré de Damyon Runyon dans cette mise en scène dynamique et inventive. Peut-être les chorégraphies mériteraient-elles d’être un peu plus exubérantes, mais l’humour et l’énergie de l’œuvre sont bien là. Comme à Vienne, la mise en scène s’appuie beaucoup sur des projections fort bien conçues et assez spectaculaires.
Il semble que les critiques aient été peu convaincus par la distribution des quatre rôles principaux, alors que je les ai trouvés tout à fait convenables : Lauren Graham est une Adelaide beaucoup moins nunuche et beaucoup plus sexy que ce que l’on voit d’habitude ; Craig Bierko dégage toujours ce charme mystérieux qui le rendait déjà irrésistible dans The Music Man ; Kate Jennings Grant (qui, avec ses longues jambes, fait un peu penser à Cyd Charisse) est extrêmement séduisante sous son uniforme de l’Armée du salut. Je n’ai rien non plus à dire contre Oliver Platt, qui a été le plus éreinté par la critique, sans doute trop conditionnée par les personnages récurrents qu’il interprète dans diverses séries télévisées et qui sont évidemment sans rapport avec le Nathan Detroit de Guys and Dolls.
Les rôles secondaires sont tenus avec brio par d’excellents comédiens, du délicieux Benny Southstreet de Steve Rosen à l’impayable Général Cartwright de Mary Testa.
Ce n’est sans doute pas une production immortelle, mais elle ne méritait pas l’accueil critique qui lui a été réservé. Certains passages, comme la chanson “Sit Down, You’re Rockin’ the Boat,” interprétée magnifiquement par Tituss Burgess (avec l’aide de Mary Testa), sont même particulièrement réjouissants.
Le public applaudit de manière particulièrement enthousiaste lorsqu’un écran sa lève au fond de la scène pour révéler l’orchestre, placé sur trois niveaux. Décidément, il y a de moins en moins de musiciens à Broadway, mais ils sont de plus en plus applaudis…
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