Menier Chocolate Factory, Londres • 14.12.08 à 15h30
Musique et lyrics : Stephen Sondheim (1973). Livret : Hugh Wheeler.
Mise en scène : Trevor Nunn. Direction musicale : Tom Murray/Caroline Humphris. Avec Hannah Waddingham (Désirée Armfeldt), Alexander Hanson (Fredrik
Egerman), Maureen Lipman (Mme Armfeldt), Jessie Buckley (Anne
Egerman), Kelly Price (Charlotte Malcolm), Alistair Robins (Carl-Magnus
Malcolm), Gabriel Vick (Henrik Egerman), Holly Hallam/Grace Link (Fredrika
Armfeldt), Kaisa Hammarlund (Petra), Jeremy Finch (Frid),
Lynden Edwards (Mr. Lindquist), Charlotte Page (Mrs. Nordstrom), Laura Armstrong (Mrs. Anderssen), John Addison (Mr. Erlanson), Nicola Sloane (Mrs. Segstrom)…
J’ai déjà eu l’occasion de parler de A Little Night Music, cette comédie musicale inspirée par le film Sommarnattens leende (Sourires d’une nuit d’été, 1957) d’Ingmar Bergman. La partition, riche en valses et autres rythmes ternaires, est un véritable bijou.
Le petit théâtre de la Menier Chocolate Factory, dont je ne manque pas une occasion de dire du bien (ici pour la dernière fois), propose une production de A Little Night Music mise en scène par le grand Trevor Nunn, l’un des metteurs en scène les plus doués de sa génération, ancien directeur artistique de la Royal Shakespeare Company et du National Theatre (et accessoirement metteur en scène des Misérables). C’est d’ailleurs au National Theatre qu’a eu lieu ma première rencontre avec A Little Night Music, dans une somptueuse mise en scène de Sean Mathias, en 1995.
Cette production est extrêmement réussie, avec une distribution de très haut niveau menée par l’excellente Hannah Waddingham, que j’avais remarquée il y a longtemps dans la comédie musicale Lautrec et qui campe une Désirée extrêmement attachante. On se régale également de retrouver la merveilleuse Maureen Lipman dans le rôle de la vieille Madame Armfeldt, qui assène quelques pensées bien senties depuis son fauteuil roulant. Et on se réjouit de voir, pour la troisième fois en peu de temps, l’élégant Alexander Hanson, qui était le Capitaine Von Trapp de The Sound of Music et le méchant général nazi Otto dans Marguerite.
La mise en scène de Trevor Nunn (par ailleurs présent dans la salle) est réglée au millimètre dans l’ingénieux décor de David Farley. Elle se concentre tellement sur le texte (qu’il soit parlé ou chanté) qu’elle pêcherait presque par excès de révérence. Du coup, le tempo général manque un tout petit peu d’allant. L’ajout de la chanson “Silly People”, qui avait été supprimée avant la première, en 1973, ne semble pas indispensable.
Ce qui m’a un peu gêné, dans une production qui incontestablement vole très haut, c’est de devoir écouter la sublime partition de Sondheim réduite pour sept instruments. Même si l’orchestration de Jason Carr est plutôt bien faite (pas un synthétiseur en vue ; une mise en exergue d’instruments à vent chaleureux et de la harpe, omniprésente), elle ne parvient pas à recréer l’expérience que représente l’interprétation de la musique par un effectif orchestral plus normal.
Mais il ne faut pas bouder son plaisir. J’étais en manque de A Little Night Music, que je n’avais pas vu depuis 2002. Grâce à un heureux hasard, j’ai pu le voir deux fois presque coup sur coup, à Niagara-on-the-Lake d’abord en septembre, puis maintenant dans cette production de la Menier Chocolate Factory. Pourvu que la série se poursuive…
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