Metropolitan Opera, New York • 8.11.08 à 20h30
Giacomo Puccini (1904). Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica, d’après une pièce de David Belasco inspirée par une nouvelle de John Luther Long.
Direction musicale : Patrick Summers. Mise en scène : Anthony Minghella. Avec Patricia Racette (Cio-Cio-San), Roberto Aronica (Pinkerton), Dwayne Croft (Sharpless), Maria Zifchak (Suzuki)…
L’occasion s’est enfin présentée de voir cette mise en scène de feu Anthony Minghella (The English Patient, The Talented Mr. Ripley) qui a ouvert en fanfare la saison du Met il y a deux ans pour marquer le début du règne du nouveau Directeur général, Peter Gelb.
C’est une mise en scène d’une grande beauté, utilisant de magnifiques couleurs chatoyantes et de grandes quantités de lumière noire et s’inspirant avec bonheur de certaines conventions théâtrales japonaises, comme les marionnettes du théâtre Bunraku ou encore les auxiliaires “invisibles” revêtus de noir, les kurogo du théâtre Kabuki, qui manipulent les accessoires et les décors (rien que les amateurs de comédie musicale ne connaissent déjà grâce au génial Pacific Overtures de Stephen Sondheim).
Il faut reconnaître que le spectacle est maintes fois saisissant, notamment lors de la scène du jardin à la fin du premier acte, dont la magie visuelle est irrésistible, mais aussi grâce à l’élaboration d’une image finale assez inoubliable, que l’on sent un peu venir, mais dont la force est incontestable.
Le bonheur n’est pas que visuel, car l’interprétation musicale, sous la baguette inspirée de Patrick Summers, conduit fréquemment à des sommets de plaisir. La musique se déroule avec opulence comme un long fil soyeux et coloré, parfaitement en phase avec l’univers visuel du metteur en scène anglais.
Patricia Racette est une Butterfly totalement convaincante : la voix, riche et crémeuse, est aussi à l’aise dans l’enthousiasme débridé du début que dans la gravité douloureuse de la fin. Elle est bien entourée, notamment par le Sharpless somptueux de Dwayne Croft. On est un peu plus partagé sur le Pinkerton de Roberto Aronica, qui semble chanter sans effort aucun, mais qui se fait peur plusieurs fois dans l’aigu.
Pendant le premier acte, on voit les mains du souffleur sortir très nettement de sa boîte pour diriger les chœurs. La vue de deux paires de mains en train de diriger simultanément est un peu troublante.
Les trois tombers de rideau sont gâchés par des applaudissements qui démarrent avant la fin de la musique. Manifestement, le public est un peu différent du public habituel du Met. Je ne serais pas surpris que cette production soit devenue aussi une destination touristique.
je suis très très jalouse. Bon, je me contenterai de la retransmission à la Géode.. en mars. Pfiouuu.
Rédigé par : klari | 12 novembre 2008 à 18:15